À Beau Vallon, un matin de juillet, le vent nous a arraché la serviette des mains avant qu’on l’étale. Trois jours plus tard, à Anse Royale, sur l’autre côte de Mahé, la mer était un miroir. C’est tout le problème de la saison au Seychelles : la bonne période dépend moins du calendrier que de la côte sur laquelle on pose ses affaires.
En résumé
- Pas de saison sèche marquée mais deux régimes d’alizés : nord-ouest de novembre à mars, sud-est de mai à septembre.
- Avril et octobre sont les mois de bascule, mer plate des deux côtés et meilleure visibilité sous l’eau.
- Les îles granitiques sont proches de l’équateur, donc hors de la ceinture cyclonique.
- Vallée de Mai : 450 roupies par adulte, ouvert de 8h30 à 16h30, dernière entrée à 15h30.
- Mahé-Praslin en catamaran rapide : 1 h 15 de traversée, puis 15 minutes jusqu’à La Digue.
Pourquoi il n’y a pas de saison sèche au Seychelles
Les îles principales flottent à environ 4 degrés au sud de l’équateur. À cette latitude, pas de coupure nette entre six mois de pluie et six mois de soleil : il pleut un peu tous les mois, en averses courtes et violentes, souvent de nuit. On a passé un après-midi sous l’auvent d’une épicerie à Baie Lazare, quarante minutes de déluge, puis le bitume qui fumait au soleil.
Le seul vrai marqueur, c’est le vent. Deux régimes d’alizés se relaient et redistribuent tout : la houle, les algues, la visibilité sous l’eau, le prix des chambres. La température de l’air bouge très peu, à peu près 24 à 31 degrés toute l’année, avec une humidité élevée en permanence. L’eau tourne autour de 27 à 29 degrés, on n’a jamais eu froid en maillot, même en août.
Précision honnête : la Seychelles Meteorological Authority ne diffuse pas ses normales mensuelles en accès libre, on ne donnera donc aucune pluviométrie chiffrée.
Saison au Seychelles : le détail par bloc de mois
Novembre à mars, la mousson du nord-ouest
Le vent vient du nord-ouest, mou, chaud, chargé d’humidité. C’est la période la plus lourde, avec les plus grosses averses en décembre et janvier. En contrepartie, la mer est plate sur toute la façade est de Mahé et de Praslin.
- Air lourd en journée, orages de fin d’après-midi.
- Mer calme à l’est : Anse Royale, Anse Forbans, Anse Takamaka.
- Plages du nord-ouest exposées : Beau Vallon prend le clapot et des paquets d’algues après un coup de vent.
- Affluence maximale de mi-décembre à début janvier, tarifs les plus hauts de l’année.
- Creux en février et début mars, souvent la période la moins chère.
Avril et octobre, les mois de bascule
Nos préférés, et de loin. Entre deux régimes de vent, la mer s’aplatit des deux côtés et l’eau devient limpide : on a nagé à Anse Lazio début octobre en voyant le fond depuis la surface, à trente mètres du bord. Avril est le mois le plus chaud, octobre le plus stable.
Mai à septembre, les alizés du sud-est
Le vent tourne, se renforce et souffle en continu. Période plus fraîche, surtout moins humide, un vrai confort pour marcher. Mais la mer se lève au sud-est.
- Nuits agréables, humidité en baisse, journées ventées.
- Mer formée au sud et à l’est : Grand Anse à La Digue devient dangereuse à la baignade, Anse Takamaka se creuse.
- Côtes nord et ouest abritées : Beau Vallon, Port Launay, Anse Lazio, Anse Source d’Argent.
- Sargasses possibles sur les plages exposées, très variables d’une année à l’autre.
- Juillet et août chargés, haute saison européenne, ferries et logements à réserver très en avance.
Quelle saison au Seychelles pour la plongée et le snorkeling
La visibilité suit la courbe du vent. En avril et en octobre, l’eau est claire et les clubs planifient leurs sorties les plus lointaines, vers Aride ou Booby Island.
- Avril et octobre : meilleure visibilité, mer calme partout, choix des sites maximal.
- Mai à septembre : les sites du sud et de l’est sautent souvent, on plonge au nord-ouest.
- Novembre à mars : l’inverse, eau plus chaude mais parfois laiteuse après les pluies.
- Requins-baleines : passage plutôt entre août et octobre au large de Mahé, sans aucune garantie.
- Par grand alizé, même sur un site protégé, le trajet en bateau secoue : si vous craignez le mal de mer, choisissez un club au nord de Mahé en juillet et août.
Plage, baignade et randonnée : adapter la saison au Seychelles à sa côte
La règle est simple : on se baigne sur la côte sous le vent. De novembre à mars, à l’est et au sud. De mai à septembre, au nord et à l’ouest. Vingt minutes de voiture sur Mahé suffisent à passer d’une mer hachée à une piscine. Les habitants le font sans y penser, les visiteurs comprennent le troisième jour.
Pour la randonnée, les alizés de sud-est sont nettement plus agréables. Les sentiers du parc national du Morne Seychellois, dont le point culminant approche les 900 mètres, deviennent raides et glissants dès qu’il a plu. Celui d’Anse Major, au départ de Danzil au-dessus de Bel Ombre, est un bon test : environ une heure à l’aller sur un chemin côtier sans ombre, une plage sans route au bout. En janvier on est partis à 7 h pour ne pas cuire.
La mécanique n’a rien à voir avec celle des îles plus au sud : on l’avait détaillée dans notre article sur quand partir à La Réunion, où l’hiver austral est une vraie saison sèche. Et à Maurice, on a noté les endroits qu’on éviterait.
Tortues, méduses et cyclones : ce que la saison change vraiment
Les tortues marines pondent pendant la mousson du nord-ouest, d’octobre à février selon les espèces, avec un pic en novembre et décembre. Les réserves comme Cousin encadrent les observations. Sur les plages publiques, on repère les traces au petit matin, deux sillons larges qui remontent jusqu’à la végétation.
Les méduses arrivent surtout pendant la saison du nord-ouest, par épisodes de quelques jours en décembre et janvier. Rien de systématique, mais si l’hôtel sort les panneaux, prenez-les au sérieux.
Sur les cyclones, l’inquiétude est vite levée. Mahé, Praslin et La Digue sont trop proches de l’équateur pour qu’un cyclone s’y forme ou s’y maintienne : les îles granitiques sont hors de la ceinture cyclonique, vrai argument face à d’autres destinations de l’océan Indien en janvier. Seules les îles extérieures les plus au sud, vers Farquhar et Aldabra, ont déjà été touchées.
Le pratique : trois îles, les ferries, les entrées et le budget
Presque tous les séjours se jouent sur trois îles : Mahé et son aéroport, Praslin et la Vallée de Mai, La Digue qui se fait à vélo, quasiment sans voitures.
- Ferries : Cat Cocos relie Mahé à Praslin en 1 h 15, puis Praslin à La Digue en 15 minutes, plusieurs départs par jour. Les classes vont de l’économique (Coco de Mer, Island Hopper pont supérieur) à la classe affaires (Lazio Lounge). Les tarifs ne sont affichés nulle part publiquement, ils n’apparaissent qu’au moment de la réservation, on ne donnera donc pas de prix. Les horaires officiels bougent souvent.
- Vallée de Mai : 450 roupies par adulte, tous les jours de 8h30 à 16h30, dernière entrée à 15h30, fermé les 25 décembre et 1er janvier. Paiement en euros, dollars ou livres, espèces ou carte. Comptez une heure et demie.
- Anse Source d’Argent : l’accès passe par le domaine de L’Union Estate à La Digue, où un droit d’entrée est perçu. Le montant n’est pas publié de façon fiable en ligne, on préfère ne pas avancer de chiffre.
- Formalités : autorisation de voyage électronique obligatoire avant l’embarquement, via le Seychelles Electronic Border System sur seychelles.govtas.com. Elle est payante, mais le montant n’apparaît sur aucune page officielle sans démarrer une demande. Il faut un passeport valide, une preuve d’hébergement, un billet de retour et des fonds suffisants. Elle donne ensuite droit à l’arrivée à un visa de court séjour prorogeable jusqu’à trois mois.
- Vol : comptez autour de dix heures depuis Paris en direct, plus avec une escale au Moyen-Orient.
- Monnaie : la roupie seychelloise, distributeurs à Mahé, Praslin et La Digue.
Sur le budget, autant être direct : les Seychelles sont chères, comme un pays qui importe presque tout. Bouteille d’eau, plat de poisson dans une gargote, location de voiture, tout coûte nettement plus qu’à Maurice ou à La Réunion. Les self-catering, ces logements avec cuisine tenus par des familles, sauvent l’addition : on achète le poisson au marché de Victoria le samedi matin, où les vendeurs vident les bourgeois à même l’étal. La voiture sur Mahé reste la dépense la plus rentable, les bus sont bon marché mais lents et bondés.
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure saison au Seychelles pour la plongée ?
Avril et octobre, les deux mois de bascule entre les alizés : mer plate sur les deux façades, visibilité maximale, et les clubs atteignent les sites les plus éloignés.
Y a-t-il une vraie saison des pluies au Seychelles ?
Non, pas au sens classique. Il pleut toute l’année en averses courtes. La période la plus humide va de décembre à février, sans empêcher de passer la journée dehors.
Les Seychelles sont-elles touchées par les cyclones ?
Non, les îles granitiques sont hors de la ceinture cyclonique, trop près de l’équateur. Seules les îles extérieures méridionales, très éloignées, peuvent être concernées.
Quel mois éviter à cause des algues et des sargasses ?
Cela dépend de la côte : les plages du nord-ouest ramassent des algues entre décembre et février, celles du sud-est peuvent recevoir des sargasses de juin à août.
Faut-il un visa pour aller aux Seychelles ?
Pas de visa préalable pour les Français, mais une autorisation de voyage électronique payante et obligatoire avant l’embarquement, puis un visa de court séjour délivré à l’arrivée.
Ce qu’on en retient
Il n’y a pas de mauvaise saison au Seychelles, il y a des côtes à choisir. Si vous pouvez caler vos dates, visez avril ou octobre. Sinon, dormez à l’est en janvier, à l’ouest en juillet, et gardez une journée de battement pour les averses.

