Valparaiso au Chili : la ville qui m’a appris à lever les yeux

Que faire à Valparaiso au Chili ? Les cerros et le street art, les ascensores centenaires, la maison de Neruda et le port, par une voyageuse qui y a vécu.

Texte de Camille, qui a passé six mois à Valparaiso et nous l’a raconté pour Eoliano.

En résumé

  • La ville-port bohème du Chili, classée à l’UNESCO.
  • Les cerros, ces collines couvertes de street art.
  • Les ascensores, funiculaires centenaires pour grimper sans souffrir.
  • La Sebastiana, l’une des maisons de Pablo Neruda.
  • Un quartier coloré à arpenter à pied, avec prudence le soir.

On m’avait dit que Valparaiso au Chili était sale, dangereuse, à voir vite avant de filer vers les vignes ou le désert. J’y suis restée six mois. C’est une ville qui se mérite, qui se grimpe, qui se perd, et qui finit par vous entrer dans la peau. Voici ce que j’en retiens, loin du passage éclair en une demi-journée que font la plupart des voyageurs.

Les cerros de Valparaiso, le cœur de la ville

Valparaiso, c’est une quarantaine de collines, les cerros, qui dégringolent vers le port. Les plus connus, Cerro Alegre et Cerro Concepción, concentrent les maisons colorées, les cafés et les ateliers. Mais mes préférés étaient les plus discrets, Cerro Cárcel ou Cerro Panteón, où l’on croise des habitants plus que des touristes. Le vrai plaisir, ici, c’est de monter sans carte et de se perdre dans les escaliers.

Le street art, partout à Valparaiso

Il n’y a pas un mur nu à Valparaiso. Fresques politiques, poèmes peints, animaux géants, portraits : la ville est une galerie à ciel ouvert, et les œuvres changent sans cesse. J’ai fait une visite guidée par un artiste local au début, pour comprendre les codes, puis j’ai arrêté les visites et j’ai juste marché. C’est gratuit, c’est vivant, et c’est ce qui m’a le plus manqué en partant.

Les ascensores, monter à Valparaiso sans s’épuiser

Pour grimper les cerros, il y a les ascensores, ces funiculaires en bois qui datent pour certains de la fin du XIXe siècle. L’Ascensor Concepción, ouvert en 1883, fonctionne toujours. Ils grincent, ils sont lents, ils ne paient pas de mine, et c’est exactement pour ça qu’on les aime. Quelques pesos pour s’épargner cent marches et voir la ville s’ouvrir d’un coup, c’est le meilleur rapport émotion-prix de Valparaiso.

La Sebastiana, la maison de Neruda

Pablo Neruda avait une maison ici, La Sebastiana, perchée sur les hauteurs face au port. Elle est devenue un musée, et c’est sans doute la visite « officielle » que je recommande le plus. Pas pour les objets, même s’ils sont étonnants, mais pour la vue depuis son bureau, et pour comprendre pourquoi un poète a choisi de vivre suspendu au-dessus de cette baie. On y lit quelques vers, on regarde la mer, on comprend.

Conseils et précautions pour Valparaiso

Soyons honnêtes : Valparaíso demande un peu de bon sens. Rien de bien méchant :

  • Évitez de sortir votre téléphone n’importe où, surtout dans la rue.
  • Ne traînez pas dans certains cerros à la nuit tombée.
  • Demandez à votre logeur les quartiers à éviter.
  • Meilleure saison : d’octobre à mars (été austral), mais la ville reste belle même sous la grisaille.
  • Prévoyez au moins deux jours, trois c’est mieux, pour sortir du circuit cartes postales.

Voilà mon Valparaiso. Si vous y allez, montez plus haut que prévu, c’est toujours là-haut que ça se passe.

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Laura & Pierre

Laura et Pierre forment le duo derrière Eoliano. Basés à Nantes, ils racontent leurs voyages à la première personne, du week-end prolongé en France aux longs trajets en train à l'autre bout du monde. Leur credo : des conseils concrets et testés, un avis franc, et un livre par destination.

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