On est arrivés à Machico un matin de juin, serviettes sous le bras, contents d’avoir enfin trouvé du sable doré. Sur la banquette de béton à côté, un couple débarqué de Fuerteventura râlait : ils avaient fait le tour de l’île la veille et n’avaient vu que des galets. C’est le malentendu numéro un sur les plages de Madère, autant le régler avant de réserver.
En résumé
- Madère est volcanique : son littoral est fait de galets et de sable noir, pas de sable doré.
- Les deux plages de sable doré, Calheta et Machico, sont artificielles, avec du sable importé du Maroc.
- Porto Santo, à 2h30 de ferry, aligne 9 km de sable doré naturel.
- L’eau reste à 18 °C de janvier à avril et monte à 24 °C en août et septembre.
- Les piscines naturelles de Porto Moniz coûtent 3 € l’entrée, les complexes balnéaires de Funchal 6 €.
Pourquoi les plages de Madère ne ressemblent pas aux Canaries
Madère est un volcan planté dans l’Atlantique. À Cabo Girão, la falaise plonge de près de 600 m sans laisser un mètre de littoral plat. Ce que l’île appelle « praia » recouvre quatre choses différentes.
- Des criques de galets ronds, parfois gros comme le poing, sur toute la côte sud.
- Du sable noir volcanique, très fin, au nord (Seixal) et à l’est (Prainha).
- Des piscines d’eau de mer creusées dans la lave ou coulées en béton, les complexos balneares.
- Deux plages de sable doré, Calheta et Machico, entièrement fabriquées par l’homme.
Si votre projet tient en huit jours de serviette, ce n’est pas la bonne île : les Canaries font ça mieux, et on avait passé un séjour bien plus balnéaire à Los Charcones, à Lanzarote. Ici, la baignade est un bonus entre deux levadas. Prévoyez des chaussures d’eau dès le premier jour : le basalte coupe et les galets glissent. On en a acheté à 12 € au supermarché.
Les plages de Madère en sable doré sont artificielles
Pas de plage secrète à chercher : les deux étendues de sable blond ont été construites, avec du sable expédié par bateau depuis le Maroc. L’office de tourisme régional l’écrit noir sur blanc.
Praia da Calheta
Inaugurée en 2004, première plage artificielle de l’île : 100 m de long, 7 300 m² de solarium, deux digues qui cassent la houle. La seule où un enfant de 4 ans peut patauger tranquille.
- Accès : côte ouest, 45 min de Funchal par la VR1, sortie Calheta, puis descente au port.
- Parking : gratuit autour de la marina, plein dès 10h30 en juillet. On s’est garés 300 m plus haut.
- Surveillance : maîtres-nageurs en saison, poste de secours sur place.
- Houle : quasi nulle grâce aux digues, tout l’intérêt du lieu.
- Tarif : gratuit. Transats et parasols en location, bar et vestiaires.
Praia de Machico (Banda d’Além)
Plus petite, environ 70 m sur 100, à l’embouchure de la Ribeira de Machico. Surtout fréquentée par les Madériens : le samedi, ce sont des familles entières avec glacières.
- Accès : est de l’île, 25 min de Funchal et 5 min de l’aéroport, pratique le jour du départ.
- Parking : dédié en bord de plage, il se remplit vite le week-end.
- Surveillance : maître-nageur présent pendant la saison balnéaire.
- Équipements : cabines, douches, WC, accès pour personnes à mobilité réduite.
- Tarif : gratuit.
Les plages de Madère en galets et en sable noir
Praia Formosa, Funchal
La plus grande plage publique de l’île, environ 2 km en quatre sections, galets et sable noir, à 10 min du centre de Funchal. Accès libre, parking, maîtres-nageurs en saison, vestiaires, poste de secours. Pas la plus belle, mais celle où l’on se trempe le soir en logeant à Funchal.
Ponta do Sol
Des galets, une passerelle en bois posée dessus pour ne pas se tordre les chevilles, un brise-lames qui calme la zone de baignade. La pente est douce sur trois mètres puis ça descend vite. Le parking du bord de plage est minuscule, visez celui de l’entrée du village, à 5 min à pied. WC, snack, volley. Un des rares endroits de l’île où le soleil se couche dans la mer.
Seixal, le sable noir spectaculaire
Côte nord, Praia do Porto do Seixal : sable noir très fin au pied de falaises vertes, avec une cascade qui tombe sur la plage. Visuellement, le plus beau de l’île. Parking gratuit mais limité près du port, arrivez avant 10h. Le nord prend la houle atlantique de plein fouet : la mer peut être formée alors qu’il fait grand soleil au sud. Les piscines naturelles voisines, sous l’arche de lave, se rejoignent par un escalier raide, gratuit et sans maître-nageur. On y est allés un jour de mer agitée, on a regardé et on est repartis.
Prainha, la seule plage de sable naturel
Au bout de la route, avant Ponta de São Lourenço, Prainha est la seule plage de sable naturel de l’île. Il est plutôt cuivré que noir, dans un paysage jaune et brun unique à Madère. Restaurant, vestiaires, WC, transats, parking au-dessus. La crique est petite, arrivez tôt en été, et enchaînez avec la randonnée de Ponta de São Lourenço, 9 km de péninsule classée réserve naturelle.
Garajau et son téléphérique
Plage de galets au pied d’une falaise, dans une réserve où la pêche est interdite : les mérous nagent à quelques mètres du bord, c’est le spot de plongée le plus connu de l’île. On y descend par un téléphérique de 2007, moins de 5 min, environ 3 € l’aller-retour, parking gratuit en haut. Ouvert de 10h à 20h l’été, 10h à 18h l’hiver. Snack-bar, centre de plongée, WC et vestiaires en bas.
Complexos balneares : la vraie culture de la baignade
Faute de plages, les Madériens se baignent depuis des décennies dans des complexes balnéaires : plateformes bétonnées sur la mer, échelles, piscines d’eau de mer, transats et maître-nageur. Étrange sur photo, agréable en vrai, et plus sûr qu’une crique de galets.
- Piscines naturelles de Porto Moniz : bassins de lave remplis par la marée. Entrée 3 € adulte, 1,50 € étudiants et plus de 65 ans, gratuit avant 3 ans, billet valable la journée, ouverture à 9h. Les piscinas do Cachalote voisines sont gratuites, sans aménagement ni surveillance.
- Doca do Cavacas, Funchal : piscines volcaniques face à Cabo Girão, de 10h à 20h du 1er juin au 30 septembre, plage surveillée, premiers secours, douches, bar.
- Lido, Funchal : le plus grand, piscine d’eau de mer, pataugeoires, accès à l’océan par échelles, Pavillon Bleu. De 8h30 à 20h du 1er juin au 30 septembre.
- Ponta Gorda et Barreirinha : les deux autres complexes municipaux, plus calmes.
Tarif unique pour les quatre complexes de Funchal : 6 € l’entrée adulte, 2 € de 7 à 17 ans, gratuit avant 6 ans. Comptez 2,50 € le transat, autant le parasol, 4 € le cadenas. La formule entrée, transat et parasol est à 9,50 €.
Porto Santo, la réponse si vous voulez vraiment la plage
Si vous tenez au sable doré, prenez le bateau. Porto Santo, à environ 71 km au nord-est de Funchal, est l’inverse exact de Madère : plate, sèche, dorée, avec une plage unique de 9 km sur toute la côte sud. Élue meilleure plage d’Europe par European Best Destinations en 2022.
- Traversée : 2h30 à bord du Lobo Marinho de Porto Santo Line, unique opérateur, un départ par jour vers 8h en général.
- Tarifs : à partir d’environ 47 € le trajet simple en classe touriste, hors supplément carburant. En 2026, comptez 68 à 81 € l’aller-retour en touriste et 98 à 110 € en première classe avec repas. Réservez en direct, les revendeurs ajoutent 15 à 25 %.
- Alternative : 25 min d’avion depuis l’aéroport de Madère, 75 à 100 € l’aller-retour.
- Mal de mer : la traversée est régulièrement annulée par gros temps, et le bateau bouge. Médicament avant l’embarquement, puis le pont.
Ne faites pas l’aller-retour dans la journée : sur douze heures d’amplitude, cinq sont passées sur le bateau. Deux nuits changent tout, avec un vélo loué et deux criques classées Pavillon Bleu, Fontinha et Ribeiro Salgado. En prolongeant vers le continent, nos spécialités à goûter à Porto restent notre meilleur souvenir de table portugais.
Quand se baigner sur les plages de Madère : eau et drapeaux
L’eau ne descend jamais très bas, mais ne monte jamais très haut. Moyennes mensuelles à Funchal :
- Janvier à avril : 18 °C, en combinaison ou cinq minutes pour les courageux.
- Mai : 20 °C, juin 22 °C, juillet 23 °C.
- Août et septembre : 24 °C, le pic. Septembre est notre mois préféré, l’eau est chaude et la foule est partie.
- Octobre : 23 °C, novembre 21 °C, décembre 19 °C.
La saison balnéaire officielle court du 1er juin au 30 septembre. En dehors, beaucoup de plages n’ont plus de maître-nageur même quand l’accès reste libre. Drapeaux classiques : vert autorisé, jaune dangereux, rouge interdit. Au nord, le rouge tombe souvent alors que le ciel est bleu, la houle atlantique arrivant de loin. Notre règle : jaune à Seixal ou Porto Moniz, on bascule au sud, plus calme le même jour.
Questions fréquentes
Quelles sont les plages de sable à Madère ?
Calheta et Machico pour le sable doré, artificielles, avec du sable importé du Maroc. Prainha pour le sable naturel, cuivré. Seixal et une partie de Praia Formosa pour le sable noir.
Peut-on se baigner à Madère en hiver ?
Oui, mais l’eau est à 18 °C de janvier à avril et il n’y a plus de surveillance hors saison. Les piscines de mer des complexes de Funchal restent l’option confortable.
Combien coûte le ferry pour Porto Santo ?
À partir d’environ 47 € le trajet simple en classe touriste, et 68 à 81 € l’aller-retour selon la saison. La traversée dure 2h30, avec un départ quotidien depuis Funchal.
Quelle est la plus belle plage de Madère ?
Seixal pour le décor, sable noir et falaises vertes. Calheta pour la baignade en famille. Porto Santo si vous cherchez une plage au sens classique.
Madère se mérite côté baignade. On y a passé dix jours sans une seule vraie journée plage, sans rien regretter : on se trempait le soir à Praia Formosa ou au Lido après une levada.

