Randonnée presqu’île de Giens : notre tour du sentier littoral

Randonnée presqu'île de Giens : distances réelles, sens de parcours, parkings, salins des Pesquiers et traversée vers Porquerolles. Nos conseils testés.

On est arrivés à la Tour Fondue un samedi de mai vers 8h30, persuadés d’être en avance. Le parking affichait déjà complet et on a fini 600 m plus haut, sur le bas-côté, avec les chaussures dans le coffre. C’est le premier truc à savoir sur la randonnée presqu’île de Giens : le sentier est facile, c’est le stationnement qui décide de votre journée.

En résumé

  • Le tour complet du littoral tourne autour de 16 km pour 4h30 à 5h de marche effective.
  • Dénivelé faible mais très découpé, aucun passage technique, quasiment aucune ombre.
  • La plus belle portion va de la Tour Fondue au port du Niel puis à la Madrague.
  • Traversée Tour Fondue vers Porquerolles : 17 € aller-retour adulte, 14,50 € enfant.
  • En été, vérifier chaque soir la carte d’accès aux massifs du Var pour le lendemain.

Randonnée de la presqu’île de Giens : le tour complet du sentier du littoral

La presqu’île n’est pas une île mais presque. Elle tient au continent par un double cordon de sable, un tombolo, et entre les deux bras s’étalent les salins des Pesquiers. Le sentier du littoral fait le tour de la partie rocheuse, celle qui pointe vers le sud.

Sur notre montre GPS, le tour complet nous a donné un peu plus de 16 km. Le dénivelé cumulé est modeste, on tourne autour de 300 m sur la journée, mais il se prend en petites bouchées : on monte 20 m, on redescend 20 m, cinquante fois. Résultat, les jambes tirent plus qu’on ne l’imagine en lisant le profil. Comptez 4h30 à 5h de marche effective, et plutôt 6h à 6h30 sur la journée si vous vous baignez et si vous vous arrêtez déjeuner. L’office de tourisme d’Hyères édite des fiches de sentiers à jour, elles sont utiles pour vérifier les portions temporairement fermées après un coup de mer.

Aucun passage technique, mais du rocher poli, des marches inégales et deux ou trois pas d’appui au-dessus de l’eau. Les tongs sont exclues. Les baskets passent, les chaussures de rando à semelle crantée passent mieux.

Dans quel sens partir

On conseille le sens horaire, en démarrant de la Tour Fondue et en filant vers l’ouest par la côte sud. Deux raisons très concrètes :

  • Vous attaquez la plus belle partie fraîche, avec le soleil dans le dos le matin plutôt qu’en pleine face.
  • Vous finissez côté Almanarre, plat et large, quand vous n’avez plus envie de poser les pieds sur du rocher.

En sens inverse, on se retrouve à négocier les passages rocheux en fin de journée, avec la lumière rasante droit dans les yeux. On l’a fait une fois, on ne recommencera pas.

La portion Tour Fondue, port du Niel, la Madrague

Si vous ne deviez en garder qu’un morceau, c’est celui-là. Le sentier quitte la Tour Fondue, contourne la pointe et bascule sur une succession de criques minuscules encadrées de pins tordus par le vent. Le port du Niel arrive après une bonne heure : une trentaine de barques colorées, deux ou trois pointus, une cale en béton et une eau invraisemblablement claire. C’est le seul endroit du parcours où on a eu l’impression d’être encore au village.

Ensuite, le tronçon vers la Madrague est plus sauvage, plus exposé aussi. Le sentier s’accroche à la falaise, il n’y a plus rien à boire ni à acheter jusqu’au port de la Madrague. Comptez encore 1h15 à 1h30 entre les deux ports selon vos arrêts photo, et ils seront nombreux.

Où se garer pour la randonnée presqu’île de Giens

Le stationnement est le vrai point noir. En juillet et août, tout ce qui est gratuit est plein avant 9h, et une partie des parkings passe en payant l’été.

  • La Tour Fondue : le plus pratique pour le tour complet et pour l’embarquement vers Porquerolles, mais aussi le plus disputé. Payant en saison, plein très tôt.
  • Le village de Giens : quelques places autour de la place Saint-Pierre, bon compromis si vous voulez couper la boucle en deux.
  • La Badine et l’Almanarre : grands espaces le long du tombolo ouest, plus faciles hors saison, très pris l’été à cause des kitesurfeurs.

Notre solution quand on revient : arriver avant 8h, ou se garer côté Almanarre et rejoindre la Tour Fondue par le bus urbain. Ça évite de tourner vingt minutes en klaxonnant intérieurement.

Les variantes courtes de la randonnée presqu’île de Giens

Le tour complet n’est pas obligatoire, et honnêtement, en demi-journée on voit déjà le meilleur.

  • Tour Fondue, port du Niel, aller-retour : environ 2h, 5 km, la plus belle portion, retour par le même sentier ou par la petite route intérieure.
  • Village de Giens, la Madrague, retour par les hauteurs : environ 2h30, une jolie boucle avec vue sur les îles.
  • Boucle du fort Sainte-Agathe côté ouest : courte, très venteuse, à faire quand la mer est formée et que le spectacle vaut le détour.

Avec des enfants, on éviterait la côte sud rocheuse en dessous de 7 ou 8 ans, ou alors sur l’aller-retour du port du Niel uniquement, main dans la main sur deux ou trois passages. Le tombolo ouest et les salins sont beaucoup plus adaptés : c’est plat, sablonneux, et il y a de quoi occuper les yeux. Même logique que sur les sentiers de la presqu’île de Crozon, où on choisit la portion en fonction des jambes les plus courtes du groupe.

Salins des Pesquiers : la randonnée plate de la presqu’île de Giens

Entre les deux bras du tombolo, les anciens salins forment un plan d’eau saumâtre de plusieurs centaines d’hectares, exploité jusqu’aux années 1990 et aujourd’hui protégé. On peut en longer une bonne partie sur des pistes plates, ce qui donne une boucle facile de 6 à 8 km selon le point de départ, faisable en poussette tout-terrain sur les portions les plus roulantes.

Les flamants roses y sont présents une grande partie de l’année, avec des effectifs qui grimpent nettement en hiver. On en a compté une bonne centaine un matin de novembre, très loin, immobiles dans la brume. Deux conseils appris à nos dépens :

  • Venez tôt le matin ou en fin de journée, ils se tiennent au large en pleine chaleur.
  • Prenez des jumelles. Sans elles, vous verrez des taches roses et rien d’autre.

Restez sur les sentiers balisés : une partie du site est en réserve et l’accès y est réglementé, ce n’est pas une formalité administrative mais la condition pour que les oiseaux nichent tranquilles.

L’Almanarre, la route du sel et les baignades en cours de route

La plage de l’Almanarre borde le tombolo ouest sur près de 5 km. C’est un des spots de kitesurf et de windsurf les plus réputés de Méditerranée, précisément parce que le mistral y entre plein cadre. Par vent fort, la plage devient un ballet de voiles et la baignade n’a plus grand intérêt : on marche le long, on regarde, et on va se baigner ailleurs.

La route du sel, elle, longe le tombolo est, entre les salins et la mer. Elle est en sens unique et surtout, elle ferme régulièrement : coups de mer, submersion, travaux de rechargement du cordon. Ne la comptez jamais comme acquise dans votre plan de journée. Vérifiez avant de partir, sinon vous ferez le grand tour par la route de la Madrague, ce qui ajoute une bonne quinzaine de minutes.

Pour se baigner pendant la rando, nos préférés :

  • Les criques entre la Tour Fondue et le port du Niel : galets et rochers, eau translucide, peu de monde en semaine.
  • Le port du Niel : petite plage abritée, idéale à la pause déjeuner.
  • La Badine : sable, faible profondeur, le bon plan quand on est avec des enfants.

Si l’idée de marcher pour aller nager vous plaît, on avait tenu le même raisonnement dans les gorges de l’Asco en Corse, en version eau douce.

Randonnée presqu’île de Giens : mistral, ombre et accès aux massifs

C’est la partie qu’on lit le moins et qui compte le plus.

Le mistral. Il tombe sans prévenir et il change complètement la rando. Sur les portions de falaise, les rafales déséquilibrent, et la casquette part en mer dans la minute. Par vent annoncé au-dessus de 60 km/h, on reporte la côte sud et on se rabat sur les salins.

L’ombre. Il n’y en a presque pas. Quelques pins par tronçons, sinon du maquis bas et du rocher. En juillet, entre 12h et 16h, c’est punitif. On part à 7h ou on part à 17h.

L’eau. Aucun point d’eau potable sur la majorité du parcours. On emporte 2 litres par personne l’été, 1,5 l au printemps, et on complète au port du Niel ou à la Madrague si les commerces sont ouverts.

L’accès aux massifs. C’est le point qui surprend le plus les visiteurs. Chaque été, la préfecture du Var réglemente l’accès aux massifs forestiers en fonction du risque incendie, avec un classement par niveau de danger réévalué tous les jours. Aux niveaux les plus élevés, l’accès est restreint à certaines heures ou totalement interdit, et ça vaut aussi pour des secteurs littoraux comme celui-ci. La carte du lendemain est publiée en fin d’après-midi sur le site des services de l’État dans le Var. C’est la seule référence valable : ni la météo au ressenti, ni ce que dit le voisin de parking.

Enchaîner sur Porquerolles depuis la Tour Fondue

La Tour Fondue est l’embarcadère le plus proche de Porquerolles, et beaucoup de gens combinent une demi-journée de marche et une journée sur l’île le lendemain. Les navettes sont opérées par TLV-TVM.

  • Tarifs 2026 : 17 € l’aller-retour adulte, 14,50 € l’aller-retour enfant, 8,50 € l’aller simple. Le vélo est facturé à part, 17 € l’aller-retour.
  • Réductions : jeunes de 4 à 26 ans, familles nombreuses, plus de 65 ans, personnes à mobilité réduite.
  • Fréquence : en haute saison, premiers départs vers 6h45 puis toutes les 45 minutes environ, avec une petite vingtaine de rotations dans la journée. En automne on tombe autour de 9 départs, en hiver autour de 7.
  • Durée : la traversée est courte, comptez autour d’un quart d’heure. La compagnie n’affiche pas de durée officielle sur sa grille.

Deux réflexes. Réservez en ligne en juillet et août, les rotations du milieu de matinée partent pleines. Et gardez en tête que TLV se réserve le droit de modifier ou d’annuler des horaires sans préavis en cas de mauvaise météo : par gros mistral, ça arrive vraiment, et on a déjà vu des gens attendre trois heures sur le quai.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour faire le tour complet de la presqu’île de Giens ?

Comptez 4h30 à 5h de marche effective pour environ 16 km, et 6h à 6h30 sur la journée si vous vous baignez et déjeunez en route.

La randonnée de la presqu’île de Giens est-elle difficile ?

Non sur le plan technique, mais le sentier est très découpé et il n’y a presque pas d’ombre. C’est la chaleur et le vent qui rendent la sortie éprouvante, pas la pente.

Peut-on faire la randonnée avec des enfants ?

Oui, en version courte. L’aller-retour Tour Fondue vers le port du Niel ou la boucle plate des salins conviennent bien. La côte sud rocheuse est à réserver aux enfants déjà à l’aise sur du rocher.

Quand voir les flamants roses aux salins des Pesquiers ?

Ils sont visibles une grande partie de l’année, avec des effectifs plus élevés en hiver. Venez tôt le matin ou en fin de journée, jumelles indispensables.

La route du sel est-elle toujours ouverte ?

Non. Elle ferme régulièrement à cause des coups de mer et des travaux sur le cordon de sable. Vérifiez le jour même avant de baser votre itinéraire dessus.

Peut-on aller à Porquerolles et randonner le même jour ?

C’est jouable mais serré. Mieux vaut marcher le matin sur la portion Tour Fondue, port du Niel, et garder l’île pour le lendemain, sinon vous passerez la journée à regarder l’heure du dernier bateau.

Ce qu’on en retient

Giens n’a rien d’un morceau de côte spectaculaire de carte postale. C’est une balade de bord de mer très agréable, avec deux ou trois passages franchement beaux entre la Tour Fondue et la Madrague, et un contraste rare entre le rocher au sud et les salins au nord. Le vrai travail se fait avant de partir : l’heure d’arrivée pour le parking, le litrage d’eau, et un coup d’œil à la carte des massifs si vous y allez en été.

Nos sources

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Laura & Pierre

Laura et Pierre forment le duo derrière Eoliano. Basés à Nantes, ils racontent leurs voyages à la première personne, du week-end prolongé en France aux longs trajets en train à l'autre bout du monde. Leur credo : des conseils concrets et testés, un avis franc, et un livre par destination.

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