La veille du départ, carte dépliée sur la table de la cuisine, on s’est posé la question la plus bête du monde : le tour de l’île de Madère en km, ça fait combien ? Réponse en trente secondes, puis trois jours sur place pour comprendre qu’elle ne sert presque à rien. Une île de 57 km de long peut très bien vous coûter huit heures de volant.
En résumé
- Madère mesure 57 km d’est en ouest et environ 22 km du nord au sud, pour 740,7 km².
- Une boucle complète par la côte représente grossièrement 150 à 200 km selon l’itinéraire.
- Le sud se traverse vite par la via rápida VR1, le nord reste lent et sinueux.
- Comptez 6 à 8 heures de conduite effective pour la boucle, arrêts non compris.
- Deux à trois jours restent le format confortable pour boucler l’île.
Le tour de l’île de Madère en km : la réponse courte
Madère est petite. Les données géographiques publiques donnent une superficie de 740,7 km², une longueur de 57 km entre la Ponta de São Lourenço à l’est et la Ponta do Pargo à l’ouest, et une largeur d’environ 22 km au point le plus large. Au centre, le Pico Ruivo culmine à 1 862 m. Retenez ce dernier chiffre, c’est lui qui explique tout le reste.
Pour le tour lui-même, aucune administration ne publie de kilométrage officiel : la boucle n’est pas un itinéraire balisé, c’est un enchaînement de routes régionales que chacun assemble à sa façon. Compteur à l’appui, un tour complet en restant proche des côtes tourne autour de 150 à 200 km. En dessous, vous coupez par le milieu.
Ce chiffre, pris seul, ment. Sur 150 km de Madère, on passe du tunnel à quatre voies au virage en épingle avec une falaise à droite et un bus qui descend en face.
Les trois variantes du tour de l’île de Madère en km
- Le tour rapide par le sud : Funchal, Ribeira Brava, Ponta do Sol, retour par la VR1 vers Machico. Le moins kilométré et le plus rapide, la via rápida enfilant les tunnels. Un aller-retour d’axe, pas un vrai tour.
- Le tour panoramique par le nord : Funchal, Encumeada ou Paul da Serra, Porto Moniz, Seixal, São Vicente, Santana, retour par l’est. Kilométrage comparable, temps de route doublé. C’est celui qui vaut le déplacement.
- La boucle complète : sud rapide à l’aller, côte nord au retour, crochet par la Ponta de São Lourenço. On arrive dans la fourchette haute, 180 à 200 km.
On a fait la troisième, en deux jours, et on la referait. La première, testée sous la pluie, nous a laissé l’impression d’un tunnel de 40 km.
Le temps de route pèse plus que le tour de l’île de Madère en km
Voici les ordres de grandeur relevés par nos soins, hors heures de pointe. Ce sont nos temps de conduite, pas des durées officielles : aucun barème n’est publié par l’administration routière régionale. Des repères, donc.
- Funchal, Machico par la VR1 : une trentaine de kilomètres, 25 à 30 min. Le tronçon le plus rapide de l’île.
- Funchal, Ribeira Brava par la VR1 : autour de 25 km, 20 à 25 min, presque tout en tunnel.
- Ribeira Brava, Porto Moniz par l’ouest : environ 45 km, 50 min à 1 h.
- Porto Moniz, São Vicente par la côte nord : une vingtaine de kilomètres seulement, et 30 à 40 min. Vous dépasserez rarement 50 km/h.
- São Vicente, Santana : autour de 25 km, 35 à 45 min, avec des passages en corniche et des villages traversés au pas.
- Santana, Funchal : par l’est et la VR1, une soixantaine de kilomètres pour 1 h environ. Par le col de l’Encumeada et l’intérieur, moins de kilomètres mais facilement 1 h 15 à 1 h 30, et beaucoup plus de fatigue.
Le paradoxe est là : le trajet le plus court en kilomètres, par le centre, est presque toujours le plus long en temps. Même calcul, conclusions inverses, sur la distance nord sud en France.
Faire le tour de l’île de Madère en une journée, ou en trois
Techniquement, c’est faisable : 180 km et 7 heures de volant tiennent dans une journée de juin. Raisonnablement, non. À Porto Moniz vers 15 h, on croise des gens qui ont encore Santana à faire et plus du tout le regard de vacanciers.
Jour 1 : l’ouest
Départ tôt de Funchal, arrêt à Câmara de Lobos pour le port et les barques colorées, puis Cabo Girão et sa passerelle à plancher de verre. Déjeuner à Ponta do Sol, la vallée la plus lumineuse de l’île. Porto Moniz en fin d’après-midi, quand les cars repartent et que les piscines naturelles se vident.
Jour 2 : la côte nord
La partie la plus lente et la plus belle. Seixal et sa plage de sable noir entre deux falaises, les cascades qui tombent presque sur la route, São Vicente blanchi à la chaux. L’après-midi, Santana et ses maisons triangulaires au toit de chaume, plus petites qu’on ne l’imagine.
Jour 3 : l’est et les sommets
La Ponta de São Lourenço, langue de terre rousse et pelée qui ne ressemble à rien d’autre ici, puis retour vers l’intérieur. Le Pico do Arieiro est le seul grand sommet accessible en voiture, le Pico Ruivo se mérite à pied. Montez tôt, la mer de nuages se lève souvent en milieu de matinée.
Pour savoir où vous baigner entre deux tronçons, on a détaillé les options dans notre article sur les plages de Madère : le sable noir et les piscines naturelles ne se valent pas selon la houle.
Les routes à connaître avant le tour de l’île de Madère
- La VR1, la via rápida. Elle longe le sud, de la région de Machico à Ribeira Brava, et a transformé l’île. Presque tout en tunnel et en viaduc : outil de transit, pas route de visite.
- La ER101, la route du tour de l’île. C’est elle qui fait le vrai tour. Au nord, elle a été largement redessinée avec de nouveaux tunnels dans les années 2000.
- L’ancienne route côtière du nord, entre São Vicente et Porto Moniz. La fameuse, creusée à même la falaise, avec les cascades sur le pare-brise. Depuis l’ouverture des tunnels, elle n’est plus l’itinéraire principal et plusieurs sections sont barrées ou déviées. Nous n’avons pas pu vérifier son statut exact : le portail du gouvernement régional ne publie pas d’état des routes en ligne. Demandez à votre loueur ou à un poste de tourisme avant de vous y engager.
- La route du Paul da Serra, sur le plateau du centre-ouest. Lande rase, éoliennes, vaches en liberté. Splendide par temps clair, pénible dans le brouillard, fréquent ici.
- Les routes à forte pente. Certaines rampes dépassent allègrement les 20 %. En descente, on rétrograde et on laisse le frein moteur travailler : dix minutes de pédale, et ça sent les plaquettes cramées en bas.
Conduire à Madère : le pratique, et l’alternative des bus
- La boîte manuelle est la norme chez les loueurs locaux. L’automatique coûte nettement plus cher et part vite en haute saison. Sur une île qui monte en permanence, ce n’est pas un luxe si vous n’êtes pas à l’aise en côte.
- Se garer à Funchal est un sport. Les parkings souterrains du centre sont payants et pleins dès la matinée.
- Les stations-service se raréfient au nord et sur le plateau. On fait le plein à Funchal, Ribeira Brava ou Machico, pas au milieu du Paul da Serra.
- Les places de croisement sur les routes étroites du nord ne sont pas décoratives. Celui qui monte est prioritaire dans l’usage local. On a reculé plus d’une fois.
- Après une grosse pluie, méfiance : les chutes de pierres sont courantes en falaise, et une pierre dans un virage sans visibilité ne se négocie pas.
- La nuit, on évite le nord. Pas d’éclairage, pas de glissière par endroits, et le ravin juste à côté.
Sans voiture, l’île se parcourt en bus, plus lentement. Trois opérateurs se partagent le territoire : Horários do Funchal pour la capitale et sa région, Rodoeste vers l’ouest et le nord-ouest, SAM vers l’est et Machico. L’office de tourisme régional détaille les options dans sa rubrique comment se déplacer. Nous ne donnons pas de prix : les tarifs en ligne évoluent et nous n’avons pas pu les vérifier. Restent les excursions organisées à la journée depuis Funchal, bon compromis si vous ne restez que trois jours.
Questions fréquentes
Combien de km fait le tour de l’île de Madère par la côte ?
Comptez grossièrement 150 à 200 km selon l’itinéraire. Il n’existe pas de kilométrage officiel : la boucle n’est pas un parcours balisé.
Combien de temps faut-il pour faire le tour de Madère en voiture ?
Environ 6 à 8 heures de conduite effective, hors arrêts, d’après nos trajets. Sur une seule journée avec visites, c’est intenable.
Faut-il un 4×4 pour faire le tour de l’île ?
Non. Les routes du tour sont goudronnées et une citadine suffit, elle est même un avantage dans les rues de Câmara de Lobos.
Quelle est la partie la plus lente du tour ?
La côte nord entre Porto Moniz et Santana. Une cinquantaine de kilomètres qui demandent facilement 1 h 15 sans le moindre arrêt.
Peut-on faire le tour de l’île de Madère en bus ?
Oui, en combinant Rodoeste, SAM et Horários do Funchal, mais il faut plusieurs jours et des correspondances longues, surtout le week-end.
Notre conclusion
Le tour de l’île de Madère en km n’est pas la bonne unité de mesure. 180 km sur le papier, une journée et demie de route dans la vraie vie. Prenez deux jours, trois si vous pouvez, et gardez le nord pour un matin de beau temps.

