Tenerife ou Lanzarote : laquelle choisir selon votre profil

Tenerife ou Lanzarote ? On compare le Teide et Timanfaya, les plages, le vent, les prix et les vols, avec un verdict clair pour chaque profil.

On a hésité trois semaines avant notre premier vol vers les Canaries, et la question revenait toujours au même point : Tenerife ou Lanzarote. On a fini par faire les deux, à deux ans d’intervalle, et on ne les renvoie plus dos à dos. Selon ce qu’on cherche, il y en a une qui gagne nettement.

En résumé

  • Tenerife fait 2 034 km² et monte à 3 715 m, Lanzarote 845 km² et 670 m au maximum.
  • Le téléphérique du Teide coûte 42 euros l’aller-retour pour un adulte non-résident.
  • Les cinq grands sites Manrique de Lanzarote reviennent à 82 euros par personne.
  • Lanzarote se traverse en une heure de voiture, Tenerife demande deux heures du sud à Anaga.
  • Le vent souffle presque tous les jours à Lanzarote, c’est le vrai critère de choix.

Tenerife ou Lanzarote : deux îles qui n’ont rien à voir

Tenerife, c’est 2 034 km², près d’un million d’habitants et un volcan de 3 715 m au centre de l’île. Lanzarote, c’est 845 km², environ 160 000 habitants, et un point culminant à 670 m, les Peñas del Chache. La différence n’est pas une affaire de taille mais de nature.

Tenerife est une île verticale, et les microclimats y sont brutaux. Un matin de février, on est partis de Los Cristianos en t-shirt et on est arrivés à La Laguna sous une bruine froide, dix degrés de moins sur le thermomètre. Le nord est vert, humide, souvent bouché par la mer de nuages. Le sud est sec, très ensoleillé, bétonné par endroits.

Lanzarote est basse, minérale, presque sans arbres. Des vallées entières couvertes de lapilli noir, des maisons blanches à volets verts par règlement d’urbanisme, et du vent presque tous les jours. C’est beau comme rien d’autre en Europe, mais qui cherche forêt et cascades se trompe d’île.

Tenerife ou Lanzarote : ce qu’on va vraiment voir

Côté Tenerife

  • Le parc national du Teide et son téléphérique : 42 euros l’aller-retour adulte non-résident, 21 euros de 3 à 13 ans, huit minutes pour passer de 2 356 m à 3 555 m.
  • Le sommet lui-même : le ticket de téléphérique ne donne pas accès au cratère. Il faut un permis séparé pour le sentier Telesforo Bravo, géré sur Tenerife ON, créneau entre 9h et 17h. Depuis le 19 janvier 2026 certains créneaux sont payants, gratuits pour les moins de 14 ans. Les montants ont bougé récemment : on vérifie en réservant, pas six mois avant.
  • Anaga et sa laurisylve, forêt de lauriers moussue, à moins d’une heure de Santa Cruz.
  • Masca au fond de ses gorges, Garachico et ses piscines dans la lave, La Orotava, La Laguna inscrite à l’UNESCO.
  • L’observation des cétacés au large de Los Gigantes, sur des globicéphales présents toute l’année.

Côté Lanzarote

  • Timanfaya, les Montañas del Fuego : 30 euros l’adulte, gratuit jusqu’à 6 ans, de 9h30 à 15h45, 90 minutes sur place. Billet en ligne uniquement, avec date et heure.
  • Les Jameos del Agua : 17 euros, de 10h à 18h, dernier accès à 17h15.
  • La Cueva de los Verdes : 17 euros, de 9h30 à 16h45, un kilomètre à pied dans le tube volcanique de La Corona, visite guidée de cinquante minutes. À éviter si on est claustrophobe.
  • Le Mirador del Río et le Jardín de Cactus : 9 euros chacun, de 10h à 17h, avec la vue sur La Graciosa d’un côté et près de 500 espèces de cactus de l’autre.
  • La Geria et ses vignes plantées en creux dans la cendre, et le ferry vers La Graciosa depuis Órzola.

Les cinq grands sites signés César Manrique reviennent à 82 euros par personne si on fait tout, tarifs affichés par les centres touristiques du Cabildo. C’est le vrai budget visites de Lanzarote : ces centres sont l’identité de l’île, les sauter revient à faire le tour d’un caillou.

Plages et vent : Tenerife ou Lanzarote pour poser sa serviette

Tenerife a du sable noir au nord, souvent sauvage et parfois dangereux à la baignade, et du sable clair au sud. Las Teresitas, près de Santa Cruz, a été aménagée avec du sable importé et une digue : eau calme, plage des familles le dimanche. El Duque et Las Américas sont larges et propres, mais bondées et adossées aux hôtels.

Lanzarote fait mieux, sous condition. Papagayo, au sud-est de Playa Blanca, aligne des criques de sable doré au bout d’une piste en terre où l’accès en voiture est payant : la plus belle chose qu’on ait vue aux Canaries. Famara est spectaculaire, mais la baignade y est risquée et le vent souffle presque en continu. On a aussi beaucoup aimé les piscines naturelles des Charcones, côté Playa Blanca, qui se méritent à pied et qu’on a eues presque pour nous un matin de novembre.

Le vent, c’est LE facteur décisif. Les alizés de nord-est soufflent quasiment toute l’année sur Lanzarote. Concrètement : le parasol ne tient pas, le sable pique les jambes, et la journée plage se termine souvent vers 15h. Tenerife, protégée par le Teide, offre des abris bien plus fiables sur sa côte sud-ouest.

Randonnée, plongée, surf : Tenerife ou Lanzarote selon la pratique

  • Randonnée : Tenerife gagne largement. Montaña Blanca vers La Rambleta, c’est environ 1 200 m de dénivelé, une vraie course de montagne, et Anaga aligne des sentiers forestiers uniques aux Canaries. Lanzarote a de belles boucles courtes, Caldera Blanca et Volcán del Cuervo, mais on en fait le tour en trois jours, sans une once d’ombre.
  • Plongée : Lanzarote passe devant, avec le tombant de Puerto del Carmen accessible du bord et le Museo Atlántico, musée sous-marin.
  • Surf : Lanzarote sans débat, Famara pour apprendre et La Santa pour les bons niveaux. Tenerife prend sa revanche en glisse tractée : El Médano est un des meilleurs spots de kite et de windsurf d’Europe, grâce au vent.

Vols, voiture, budget et climat : le pratique à Tenerife ou Lanzarote

  • Vols : Tenerife Sud (TFS) et Lanzarote (ACE) sont desservis en direct depuis Paris et plusieurs villes de province, en un peu plus de quatre heures. Tenerife Nord (TFN) sert surtout l’inter-îles.
  • Voiture : indispensable des deux côtés. Lanzarote fait une soixantaine de kilomètres du nord au sud et tout se joue à moins d’une heure d’Arrecife. À Tenerife, la géographie punit : environ deux heures de Los Cristianos à Anaga, et la route de Masca demande patience et parking réservé.
  • Hébergement : prix comparables, plus d’offre low cost à Tenerife sud, plus de petits hôtels de charme à Lanzarote, où le choix de la station compte beaucoup. On a détaillé quelle station choisir à Lanzarote selon son voyage à part.
  • Climat : sur les côtes, de 18 degrés en janvier et février à 24 ou 25 degrés de juillet à septembre, avec des pointes vers 28 ou 29 degrés au sud. La mer reste fraîche : 19 degrés en hiver, 23 à 24 en fin d’été. La pluie tombe d’octobre à mars.
  • Vie locale : Lanzarote garde une vie hors zones touristiques très accessible, Haría et Teguise en semaine. À Tenerife, il faut viser La Laguna ou les villages du nord.
  • Fréquentation : Tenerife est nettement plus touristique. On est montés au téléphérique du Teide à 9h en décembre et l’attente était déjà de vingt minutes.

Tenerife ou Lanzarote : notre verdict par profil

  • Première fois aux Canaries : Tenerife, qui condense tout, volcan, forêt, villes et mer.
  • Randonnée : Tenerife, sans hésiter. Le dénivelé et la variété n’existent pas à Lanzarote.
  • Plages et farniente : Lanzarote pour la beauté des criques, Tenerife pour le confort et l’abri.
  • Famille avec jeunes enfants : Lanzarote. Les trajets courts changent tout, les sites Manrique se visitent en une heure, et Playa Blanca ou Costa Teguise ont des plages abritées.
  • Une semaine contre deux : Lanzarote se voit en entier en sept jours, Tenerife oblige alors à trancher entre nord et sud. Sur deux semaines, Tenerife tient la distance sans se répéter.
  • Budget serré : Tenerife sud, plus de concurrence sur les vols et l’hébergement. À Lanzarote, les 82 euros de visites par personne pèsent vite en famille.
  • En hiver : les deux fonctionnent, mais Lanzarote est plus fiable pour le soleil. Le nord de Tenerife peut rester bouché plusieurs jours.
  • Si on déteste le vent : Tenerife, côté sud-ouest, entre Los Gigantes et Costa Adeje. Lanzarote est ventée par construction.

Et si on combinait les deux ?

C’est possible, mais sur une semaine on le déconseille. Entre le rendu de voiture, le vol ou le ferry, deux changements d’hébergement et une demi-journée perdue de chaque côté, il reste cinq jours utiles pour deux îles qui en demandent sept chacune. Sur dix à quinze jours, l’enchaînement tient : Lanzarote d’abord pour le choc visuel, Tenerife ensuite pour la randonnée.

Questions fréquentes

Faut-il un permis pour monter au sommet du Teide ?

Oui. Le téléphérique s’arrête à 3 555 m. Le dernier tronçon, le sentier Telesforo Bravo, demande une autorisation séparée à réserver à l’avance sur Tenerife ON, entre 9h et 17h.

Peut-on visiter Timanfaya sans réserver ?

Non. Les billets des Montañas del Fuego s’achètent uniquement en ligne, avec date et créneau horaire, pour 30 euros par adulte.

Quelle île choisir avec des enfants en bas âge ?

Lanzarote : temps de route courts, visites d’une heure, et plages du sud mieux abritées que celles du nord.

Le vent est-il vraiment un problème à Lanzarote ?

Il ne gâche pas un séjour, il le structure. Les alizés soufflent presque toute l’année et l’après-midi est souvent trop ventée pour rester sur le sable, surtout sur la côte nord-ouest.

On ne tranche pas par goût mais par usage : le vent, le dénivelé et le nombre de jours sur place suffisent presque toujours à désigner l’île. Pas de mauvais choix, juste des choix mal calibrés.

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Laura & Pierre

Laura et Pierre forment le duo derrière Eoliano. Basés à Nantes, ils racontent leurs voyages à la première personne, du week-end prolongé en France aux longs trajets en train à l'autre bout du monde. Leur credo : des conseils concrets et testés, un avis franc, et un livre par destination.

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