Que faire à Chypre : nos étapes zone par zone en 7 à 10 jours

Que faire à Chypre sans courir : Paphos dès 2,50 €, monts Troodos, Akamas, cap Greco, la question du nord et nos itinéraires de 7 et 10 jours.

On est arrivés à Larnaca un 3 novembre, 26 degrés à 14 h, et un parking de location où toutes les voitures avaient le volant à droite. La question qu’on se posait encore dans la file du loueur : que faire à Chypre en une semaine sans passer ses journées sur l’autoroute A1 ? On a construit le séjour par zones plutôt que par liste, et c’est ce qui a tout changé.

En résumé

  • Le parc archéologique de Kato Paphos coûte 4,50 € et les tombeaux des rois 2,50 €.
  • Un pass du Department of Antiquities couvre les sites publics : 8,50 € un jour, 25 € sept jours.
  • Paris Larnaca en direct dure environ 4 h 10 ; on roule à gauche et la voiture est indispensable.
  • Les flamants roses du lac salé de Larnaca sont présents de novembre à mars.
  • Passer au nord est possible aux points de passage, mais l’assurance de location ne suit pas.

Que faire à Chypre côté Paphos : mosaïques, tombeaux et rocher d’Aphrodite

La zone qu’on garderait si on ne devait en garder qu’une. Le parc archéologique de Kato Paphos, classé à l’UNESCO depuis 1980, tient sur un plateau pelé au bord de l’eau. On y va pour les sols des villas romaines : 556 m² de mosaïques rien que dans la maison de Dionysos. Le détail qui compte : il n’y a quasiment pas d’ombre. Entrés à l’ouverture, on était rincés deux heures plus tard.

  • Parc archéologique de Kato Paphos : 4,50 €, ouvert 8 h 30 à 19 h 30 du 16 avril au 15 septembre, jusqu’à 17 h le reste de l’année. Prévoir 2 h.
  • Tombeaux des rois : 2,50 €, à 2 km au nord du port, chambres creusées dans le roc à partir du IVe siècle avant notre ère, colonnes doriques en plein sol.
  • Pass Department of Antiquities : 8,50 € (1 jour), 17 € (3 jours), 25 € (7 jours). Rentable dès trois sites.
  • Rocher d’Aphrodite (Petra tou Romiou) : gratuit, à une vingtaine de kilomètres à l’est sur la route de Limassol.

Au rocher d’Aphrodite, soyons francs : gros galets, baignade inconfortable, parking plein de cars à 11 h. À voir en fin de journée seulement. Le port de Paphos est une enfilade de terrasses à menus plastifiés ; on a mangé bien mieux dans les rues de Ktima, la ville haute.

Limassol, Larnaca, Nicosie : que faire à Chypre entre deux plages

Le château de Kolossi, à 14 km à l’ouest de Limassol, est une visite courte et franchement bonne pour 2,50 €. Un donjon carré de 17 m de côté et 21 m de haut, reconstruit en 1454 par les Hospitaliers, avec au pied les vestiges d’une sucrerie médiévale : c’est d’ici que vient le nom de la commandaria. Limassol, en revanche, ne nous a pas séduits. Marina, tours d’appartements, front de mer refait à neuf : on n’y dormirait pas. Larnaca oui.

  • L’église Saint-Lazare, du IXe siècle, avec sa crypte et son sarcophage vide. Entrée libre, tenue correcte demandée.
  • Le lac salé, 2,2 km², site Ramsar et Natura 2000, avec un sentier aménagé de 4 km. Les flamants roses y stationnent de novembre à mars, par milliers. En juillet, c’est une croûte blanche craquelée et rien d’autre.
  • La mosquée Hala Sultan Tekke, au bord du lac : vingt minutes d’arrêt.

À Nicosie, la rue Ledra bute sur le poste de contrôle : dernière capitale divisée d’Europe, barils peints, et un café qui sert des frappés à trois mètres de la ligne verte.

Que faire à Chypre dans la nature : Akamas, lagon bleu et monts Troodos

La péninsule d’Akamas, 230 km² au nord-ouest, est la partie sauvage de l’île. Le lagon bleu se mérite : la piste depuis les bains d’Aphrodite est caillouteuse, et la plupart des contrats de location interdisent les routes non asphaltées, ce qui fait sauter l’assurance en cas de casse. On a pris un bateau depuis le port de Latchi, une demi-journée. La gorge d’Avakas, elle, se parcourt en 1 h 30 aller-retour.

Les monts Troodos, c’est l’autre Chypre. Dix églises peintes byzantines y sont inscrites à l’UNESCO depuis 1985, dont Asinou. Petites, sombres, souvent fermées à clé : on appelle le numéro affiché sur la porte et un villageois arrive avec le trousseau. Le monastère de Kykkos, à 1 318 m, est doré du sol au plafond, gratuit à l’entrée, musée ouvert de 10 h à 16 h de novembre à mai et jusqu’à 18 h de juin à octobre.

  • Mont Olympe : 1 951 m, point culminant de l’île.
  • Ski de janvier à mars, quatre remontées gérées par le Cyprus Ski Club, dont un télésiège sur la piste Zeus (380 m, homologuée FIS).
  • Villages où s’arrêter : Omodos, Kakopetria, Pedoulas.

Attention aux distances : nos 60 km entre Kykkos et Platres ont pris 1 h 45, pas les 50 minutes annoncées par le GPS. Les routes de montagne sont étroites et en lacets.

Cap Greco, Ayia Napa et les plages : que faire à Chypre au bord de l’eau

Le cap Greco est le point le plus à l’est de la République de Chypre et de l’Union européenne. On y vient pour les grottes marines, un plateau calcaire creusé de tunnels, et pour Konnos Bay, crique en fer à cheval entre deux collines de pins. Sentiers balisés, parking gratuit, et une heure de marche au coucher du soleil sans croiser dix personnes en novembre.

Ayia Napa, à côté, est l’inverse : très festive, très bétonnée, une ligne d’hôtels et de bars sur trois kilomètres. Nissi Beach, malgré son pavillon bleu, a de la musique à fort volume dès 11 h et des transats collés en été. Même sensation qu’en Croatie sur les lieux de tournage de Game of Thrones : le site est réel, la foule fait partie du décor, il faut le savoir avant de réserver.

  • Fig Tree Bay, à Protaras : sable fin, eau peu profonde, parfaite avec des enfants, bondée de juin à septembre.
  • Lara Bay, dans l’Akamas : pas de transats, pas de buvette, pas d’ombre. Site de ponte des tortues caouannes et vertes, cages de protection sur le sable, accès réglementé la nuit en saison.
  • Konnos Bay : la seule de la zone où on retournerait un dimanche d’août.

La partie nord, Varosha et ce que ça implique vraiment

Le sujet que la plupart des guides expédient en trois lignes. Depuis 1974, le tiers nord de l’île est occupé et administré par une entité que seule la Turquie reconnaît. La ligne verte, surveillée par l’ONU, coupe l’île et sa capitale. Le ministère français des Affaires étrangères recense neuf points de passage. Concrètement, pour un voyageur français :

  • On passe avec sa carte d’identité ou son passeport, deux contrôles successifs, quelques minutes à pied rue Ledra.
  • Le contrat de location de voiture ne couvre pas le nord. Une assurance complémentaire s’achète au point de passage, mais certains loueurs l’interdisent dans leurs conditions. Vérifiez avant de signer, pas après.
  • Au nord, la monnaie est la livre turque. Les euros passent souvent, à un taux qui n’est pas en votre faveur.
  • L’aéroport d’Ercan n’est pas reconnu internationalement : entrer par là pose problème vis-à-vis de la République de Chypre.

Varosha, l’ancien quartier balnéaire de Famagouste vidé en 1974, a rouvert partiellement en octobre 2020. On y a marché une heure entre hôtels éventrés et rues repavées pour l’occasion, et on en est ressortis mal à l’aise. Ce ne sont pas des ruines antiques, ce sont les maisons de gens qui ne sont jamais revenus.

Organiser son séjour : quand partir, la voiture et deux itinéraires

La meilleure période va d’avril à début juin, puis de septembre à mi-novembre. En juillet et août, l’intérieur dépasse régulièrement 35 degrés et les feux de forêt sont fréquents. L’hiver reste doux sur la côte pendant qu’il neige au Troodos : flamants, sites vides, ski le matin.

  • Vol : environ 4 h 10 en direct entre Paris et Larnaca, près de 3 000 km, avec easyJet et Cyprus Airways selon les saisons.
  • Monnaie : l’euro au sud, Chypre étant dans la zone euro depuis 2008.
  • Voiture : indispensable, les bus ne desservent ni l’Akamas ni les villages du Troodos. On roule à gauche et les autoroutes sont gratuites.

En 7 jours : 3 nuits à Paphos (parc archéologique, tombeaux, Akamas, rocher d’Aphrodite), 1 nuit dans le Troodos (Kykkos, Omodos, une église peinte), puis 3 nuits vers Protaras pour le cap Greco et les plages, avec Kolossi et le lac salé en route. En 10 jours, on ajoute 2 nuits à Nicosie, une journée au nord vers Kyrenia et Bellapais, et une matinée à Lara Bay. Si vous hésitez avec une île grecque, notre liste des choses à ne pas faire en Crète donne une bonne idée des différences de rythme.

Questions fréquentes

Combien de jours faut-il pour visiter Chypre ?

Sept jours suffisent pour Paphos, le Troodos et la côte est. Dix jours permettent d’ajouter Nicosie et le nord sans enchaîner les hôtels.

Peut-on passer au nord de Chypre avec une voiture de location ?

Parfois. L’assurance du loueur ne couvre pas le nord ; une couverture s’achète au point de passage, mais plusieurs agences l’interdisent dans leur contrat. Le passage à pied rue Ledra évite le problème.

Quel est le meilleur mois pour aller à Chypre ?

Mai et octobre, pour le compromis entre mer chaude et températures supportables. De novembre à mars, l’île se prête aux visites culturelles, aux flamants et au ski.

Faut-il un passeport pour aller à Chypre quand on est français ?

Une carte nationale d’identité en cours de validité suffit jusqu’à 90 jours. Le passeport reste plus confortable pour franchir la ligne verte.

Chypre se visite bien si on accepte de la découper. Trois bases, une voiture, et on évite les longs trajets quotidiens qui gâchent la moitié des séjours ici. Le reste s’anticipe.

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Laura & Pierre

Laura et Pierre forment le duo derrière Eoliano. Basés à Nantes, ils racontent leurs voyages à la première personne, du week-end prolongé en France aux longs trajets en train à l'autre bout du monde. Leur credo : des conseils concrets et testés, un avis franc, et un livre par destination.

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