On est descendus du train à Zandvoort aan Zee un mardi de juillet, en polaire, pendant que le wagon d’à côté se vidait en tongs. Deux cents mètres plus loin, le sable démarrait, clair, large, avec une rangée de cabanes en bois jusqu’à l’horizon. Une plage aux Pays-Bas, ça ne ressemble à rien de ce qu’on connaissait en Méditerranée, et c’est exactement pour ça qu’on y est retournés.
En résumé
- La côte néerlandaise est une bande de sable quasi continue doublée de dunes, de la Zélande aux îles de la Frise.
- Zandvoort aan Zee est la seule grande plage reliée en train direct depuis Amsterdam Centraal.
- Un OV-fiets coûte 4,80 € par 24 heures dans plus de 300 gares néerlandaises.
- Les billets de ferry TESO vers Texel sont toujours des aller-retour, sans réservation possible.
- Le wadlopen se pratique uniquement avec un guide, la sortie est annulée la veille à 18h si la météo tourne.
Ce à quoi il faut s’attendre sur une plage aux Pays-Bas
Le sable est clair, fin, et il y en a partout. Pas de galets, pas de criques : une ligne droite adossée à un cordon de dunes protégées, qu’on traverse par des sentiers en planches. À marée basse, la plage double de largeur et on marche vingt minutes sans croiser personne, même à Scheveningen.
Le vent est là presque tous les jours, et c’est le détail qui change tout : 24 °C annoncés et on grelotte quand ça souffle de la mer. Les Néerlandais plantent un pare-vent en toile (un windscherm) autour de leur serviette. On a mis deux séjours à comprendre, on en a acheté un.
Pour l’eau, soyons honnêtes : au plus chaud de l’été, on a nagé dans une mer du Nord qu’on situerait entre 17 et 19 °C, sans avoir trouvé de relevé officiel simple à citer. Prenez cette fourchette comme un ressenti, pas comme une donnée : on entre en criant, on nage vingt minutes, on ressort.
Le reste tient dans un mot : les strandtenten, ces cabanes-restaurants posées sur le sable, avec terrasse, transats, café et bitterballen, souvent démontées en hiver. On y va autant pour boire un verre face au vent que pour se baigner, et c’est cette logique-là qui déroute quand on arrive des plages d’Empuriabrava.
Les plages des Pays-Bas les plus faciles depuis les grandes villes
Scheveningen et Kijkduin, depuis La Haye
Scheveningen n’a pas de gare de plage : on arrive à Den Haag Centraal ou Hollands Spoor, puis tram HTM (lignes 1 ou 9). L’office de tourisme de La Haye annonce une quinzaine de minutes depuis le centre, ce qui correspond à ce qu’on a mis, et le tram se paie à la distance par carte sans contact ou OV-chipkaart.
La plage se découpe en secteurs : le Zwarte Pad au nord et ses bars, le Noordboulevard plus calme, la jetée et le Kurhaus qui concentrent tout le monde, le Middenboulevard des surfeurs. Très urbain : immeubles en front de mer, grande roue, circulation. Kijkduin, au sud, c’est l’inverse : petit, familial, dans les dunes.
Zandvoort et Bloemendaal aan Zee, depuis Amsterdam
Zandvoort aan Zee est le seul vrai train direct de plage du pays : depuis Amsterdam Centraal, la ligne passe par Haarlem et dépose à trois minutes du sable, en une petite demi-heure. NS ne publie pas de grille tarifaire trajet par trajet : au moment où on y est passés, l’aller simple en 2e classe tournait autour de 6 à 7 €, à vérifier sur ns.nl.
Bloemendaal aan Zee, deux kilomètres au nord, est la plage des beach clubs. Pas de gare : on descend à Overveen, puis bus l’été ou vingt minutes de marche dans les dunes. Même sable, ambiance sono et cocktails.
Hoek van Holland depuis Rotterdam, et Wijk aan Zee
Attention au piège : Hoek van Holland ne se rejoint plus en train mais en métro, la ligne B, qui a repris l’ancienne voie ferrée. Le terminus Hoek van Holland Strand est à quelques dizaines de mètres du sable, comptez trois quarts d’heure depuis Rotterdam Centraal. Wijk aan Zee se rejoint par la gare de Beverwijk puis un bus : petit village, gros spot de surf, et l’aciérie de Tata Steel visible depuis le sable. Ce n’est pas bucolique, on préfère le dire.
Où trouver une plage aux Pays-Bas plus sauvage
- Texel : ferry TESO depuis Den Helder, une vingtaine de minutes. Le billet est toujours un aller-retour et la réservation n’existe pas, on se présente et on embarque. TESO annonce jusqu’à 30 % de réduction sur les véhicules du mardi au jeudi et jusqu’à 40 % avec un compte MyTESO. Les tarifs exacts n’étaient pas affichés sur la page consultée, à voir sur teso.nl.
- Vlieland et Terschelling : depuis Harlingen avec Rederij Doeksen, en bateau classique ou en navire rapide. Le chien voyage gratuitement sur tous leurs bateaux, sans billet.
- Ameland depuis Holwerd, Schiermonnikoog depuis Lauwersoog. Sur Vlieland et Schiermonnikoog, les voitures des visiteurs sont interdites : vélo ou marche.
Les plages des îles sont immenses, avec de hautes dunes et des zones de nidification balisées. En Zélande, l’ambiance change encore : Domburg et son allure de station balnéaire ancienne, Renesse et ses campings, Cadzand plus chic près de la frontière belge. Enfin la côte de Hollande-Septentrionale, d’Egmond aan Zee à Julianadorp en passant par Bergen aan Zee et Callantsoog, aligne des kilomètres de sable large avec une fraction des visiteurs de Zandvoort. C’est là qu’on retourne quand on veut une plage et pas une station.
Aller à la plage aux Pays-Bas en train et en vélo
- Le train : réseau NS dense, validation par OV-chipkaart ou carte sans contact. Les jours de grand soleil, les trains vers Zandvoort partent pleins.
- L’OV-fiets : le vélo en libre-service des gares, à 4,80 € par 24 heures dans plus de 300 points de location selon NS. On réserve dans l’appli et on ouvre le vélo avec son OV-chipkaart. La meilleure façon de rejoindre une plage sans gare.
- Son propre vélo dans le train : possible avec un billet vélo journalier, mais interdit aux heures de pointe en semaine.
- Les pistes des dunes : fléchées par nœuds numérotés (knooppunten), on note trois numéros et on ne se perd plus.
Baignade, drapeaux, chiens et naturisme sur une plage aux Pays-Bas
La surveillance est assurée l’été par les brigades de sauvetage bénévoles, sur les plages principales et dans des zones balisées, grosso modo de fin mai à début septembre selon les communes.
- Les drapeaux : rouge et jaune délimitent la zone surveillée, jaune seul signale une baignade autorisée mais prudente, rouge interdit l’eau.
- La manche à air orange : signalisation typiquement néerlandaise, elle annonce un vent de terre et interdit bouées et matelas gonflables.
- Les courants d’arrachement (mui) : ils se forment entre les bancs de sable, surtout à marée descendante. Ne nagez pas contre, nagez parallèlement à la plage.
- Les chiens : autorisés partout hors saison, souvent interdits en journée sur les plages gardées entre mai et septembre. La règle est communale et affichée à l’entrée.
- Le naturisme : banalisé, sur des sections signalées par un panneau naaktstrand, au sud de Zandvoort, à Callantsoog ou sur les îles.
- Les feux de camp : interdits par défaut, tolérés sur quelques plages seulement et sous autorisation communale. On n’improvise pas.
- Les transats : loués par les strandtenten, prix affichés sur place. Ils varient d’un pavillon à l’autre et ne sont publiés nulle part, donc pas de tarif de notre part.
Marées, bancs de sable et wadlopen dans la mer des Wadden
Côté mer du Nord, le marnage se compte en mètres et la plage change de forme deux fois par jour. Côté intérieur, la mer des Wadden, classée à l’UNESCO, se vide à marée basse et laisse des kilomètres de vasières.
C’est là que se pratique le wadlopen, la marche sur les vasières, parfois jusqu’à Ameland ou Schiermonnikoog. Ça ne se fait pas seul : boue jusqu’au genou, aucun repère visuel, un labyrinthe de chenaux qui se remplissent plus vite qu’on ne marche, et un brouillard qui tombe en vingt minutes. Les guides font des repérages réguliers parce que les chenaux se déplacent, et annoncent la veille à 18h si la sortie est maintenue, selon le niveau d’eau, le brouillard, l’orage et le risque d’hypothermie. Détails sur wadlopen.net.
Notre avis tranché sur les plages des Pays-Bas
Scheveningen est pratique et bien tenue, mais c’est une plage de ville : une demi-journée depuis La Haye, pas un séjour. Zandvoort a le meilleur accès du pays et c’est son problème : au premier week-end à 25 °C, le train est plein et le sable aussi. En semaine ou pas du tout.
Les îles de la Frise sont le meilleur de cette côte, mais elles se méritent : train jusqu’au port, ferry, puis vélo. Comptez une demi-journée depuis Amsterdam et deux nuits sur place minimum, sinon le ferry mange le séjour. Notre compromis reste la Hollande-Septentrionale. Et si la pluie s’installe, on rentre tester les spécialités d’Amsterdam au chaud.
Questions fréquentes
Quelle est la plus belle plage aux Pays-Bas ?
Celles des îles, surtout Vlieland et Schiermonnikoog où l’absence de voitures change tout. Sur le continent, la côte entre Bergen aan Zee et Callantsoog reste le meilleur compromis.
Peut-on vraiment se baigner dans la mer du Nord aux Pays-Bas ?
Oui, de fin juin à début septembre. L’eau reste fraîche et le vent refroidit vite à la sortie : on nage vingt minutes et on prévoit un coupe-vent même par beau temps.
Faut-il réserver le ferry pour Texel ?
Non, TESO ne propose pas de réservation : le billet est un aller-retour sans date ni heure, on se présente au port de Den Helder. Prévoyez de l’attente en voiture les week-ends d’été.
Peut-on faire du wadlopen sans guide ?
Non. Les chenaux se déplacent, la marée remonte plus vite qu’on ne marche dans la vase et le brouillard tombe d’un coup. Toutes les traversées passent par une organisation de guides.
Ce qu’on retient
Une plage aux Pays-Bas ne remplacera pas une journée en Méditerranée, et ce n’est pas le sujet. C’est du sable clair à perte de vue, un vent qui décoiffe, une bière dans une cabane en bois et un vélo pour rentrer à la gare. Coupe-vent, jour de semaine, et on oublie le bronzage.

