La première fois qu’on a vraiment regardé un drapeau breton, c’était sur un port de Cornouaille, accroché à la fenêtre d’une maison de pêcheur, et on s’est rendu compte qu’on ne savait pas du tout ce qu’il racontait. On l’avait croisé mille fois, sur des voitures, des festivals, des coques de bateau, sans jamais se poser la question. Alors on a creusé, et la signification du drapeau breton s’est révélée plus riche qu’on ne l’imaginait. Voici ce qu’on a appris, et ce que ça change quand on voyage en Bretagne.
En résumé
- Le Gwenn ha Du signifie « blanc et noir » en breton.
- Neuf bandes : cinq noires pour la Haute-Bretagne, quatre blanches pour la Basse-Bretagne.
- Onze mouchetures d’hermine, symbole historique du duché.
- Créé en 1923 par Morvan Marchal, devenu un emblème incontournable.
- On le croise partout, des Vieilles Charrues aux stades.
Que veut dire Gwenn ha Du, le nom du drapeau breton
Gwenn ha Du signifie littéralement « blanc et noir » en breton, tout simplement les deux couleurs du drapeau. On aime ce nom parce qu’il ne triche pas : il décrit ce qu’on voit. Rien de pompeux, une description directe, à l’image d’une région qui se méfie des grands mots.
Les neuf bandes du drapeau breton et les neuf pays
Le drapeau compte neuf bandes, cinq noires et quatre blanches, et chacune représente l’un des neuf pays historiques de Bretagne. Les cinq bandes noires sont la Haute-Bretagne, de langue gallèse : Dol, Rennes, Nantes, Saint-Malo et Saint-Brieuc. Les quatre blanches sont la Basse-Bretagne, de langue bretonne : Léon, Cornouaille, Trégor et Vannetais. Détail qui nous a marqués : Nantes y figure, alors que la ville n’est plus dans la région administrative actuelle. Le drapeau dit une Bretagne plus ancienne que les frontières d’aujourd’hui.
Les onze hermines du drapeau breton
Dans le coin supérieur, onze petites mouchetures noires sur fond blanc : ce sont des hermines, reprises de l’héraldique des ducs de Bretagne, qui les portaient sur leurs armoiries dès le XIIe siècle. Une légende raconte que la duchesse Anne de Bretagne aurait gracié une hermine traquée, l’animal ayant préféré faire face aux chasseurs plutôt que de salir son pelage blanc dans la boue. « Plutôt la mort que la souillure », dit la devise. C’est romancé, sans doute, mais ça donne au drapeau une fierté qu’on sent encore aujourd’hui.
L’histoire du drapeau breton : Morvan Marchal, 1923
Contrairement à ce qu’on croyait, le drapeau breton n’est pas médiéval. Il a été dessiné en 1923 par Morvan Marchal, un étudiant en architecture et militant régionaliste, qui cherchait un emblème moderne capable de rassembler. Il a repris les hermines et les bandes du blason de Rennes, et s’est inspiré du drapeau américain pour la composition en bandes. Autrement dit, ce symbole qu’on associe à une Bretagne immémoriale a tout juste un siècle. Ça ne lui enlève rien, au contraire.
Où on croise le drapeau breton en voyage
Une fois qu’on connaît sa signification, on ne le voit plus pareil. En Bretagne, il est partout : aux fenêtres, dans les fest-noz, sur les stades, brandi dans les concerts. On l’a même croisé loin de la région, dans des manifestations et jusque sur des plages du bout du monde, planté par des Bretons en vadrouille. C’est l’un des rares drapeaux régionaux français aussi vivant, et ça en dit long sur l’attachement des gens d’ici à leur coin.
Voilà la signification du drapeau breton telle qu’on l’a comprise sur place. Si vous êtes breton et qu’on a raté une nuance, corrigez-nous en commentaire, on apprend toujours mieux comme ça.

