Le premier soir, on a mis presque une heure pour rejoindre le nord-est depuis l’aéroport, coincés derrière une bétaillère sur une route en lacets de trois mètres de large. C’est la première leçon d’une semaine à Corfou : l’île paraît minuscule sur la carte et se révèle lente au volant. Le programme qui suit est celui qu’on referait, découpé par zone pour ne pas passer ses soirées au volant.
En résumé
- Corfou fait environ 600 km2, avec des routes du nord bien plus lentes qu’elles n’en ont l’air.
- La vieille ville est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2007, au titre du critère (iv).
- L’Achilleion coûte 7 euros plein tarif, 5 euros réduit, ouvert 8h à 20h du 1er avril au 31 octobre.
- La traversée Igoumenitsa vers Corfou dure 1h10 à 1h30, jusqu’à 25 rotations par jour en haute saison.
- Corfou vers Saranda en Albanie prend 30 minutes, sans visa pour les Français jusqu’à 90 jours.
Comprendre l’île avant de planifier une semaine à Corfou
Corfou, Kerkyra en grec, fait environ 600 km2, une soixantaine de kilomètres du nord au sud et une trentaine au plus large. Le nord est montagneux, dominé par le mont Pantokrator, autour de 900 m. L’ouest alterne falaises et criques encaissées, le sud s’aplatit et concentre les stations festives. Partout des oliviers plantés à l’époque vénitienne, dont on lit des comptages de trois à quatre millions jamais confirmés.
Le vrai piège, ce sont les trajets. Nos chronos depuis la ville :
- Paleokastritsa : environ 45 minutes
- Kassiopi, au nord-est : environ 1 heure
- Sidari, au nord-ouest : environ 1h15
- Kavos, à la pointe sud : environ 1h15
- Gastouri et l’Achilleion : 20 à 25 minutes
Ce sont nos durées, pas des chiffres officiels : en août, ajoutez vingt minutes sur les axes du nord.
Notre itinéraire d’une semaine à Corfou, jour par jour
Jour 1 : la vieille ville, à pied
Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2007, critère (iv), pour son ensemble fortifié vénitien. On commence par la forteresse ancienne, reliée à la ville par un pont de fer de 60 m au-dessus de l’ancien fossé marin : 10 euros plein tarif, 5 euros en réduit d’après le ministère grec de la Culture. La montée au phare prend un quart d’heure.
L’après-midi, le Spianada et ses joueurs de cricket, le Liston et ses arcades à la française, le palais Saint-Michel-et-Saint-Georges bâti sous les Britanniques, qui abrite le musée d’Art asiatique. Aucune grille tarifaire officielle à jour pour ce musée, vérifiez à la billetterie. Laissez la voiture au port : les kantounia font deux mètres de large.
Jour 2 : Paleokastritsa, Angelokastro et Lakones
Six criques emboîtées, une eau franchement turquoise, un monastère sur la pointe. Arrivez avant 10h : le parking principal était plein à 9h40 un mardi de mi-juin. Les barques du tour des grottes marines partent pour quarante minutes. La route grimpe ensuite à Lakones et ses tavernes de belvédère, puis à Angelokastro, forteresse byzantine sur un piton, escalier raide et sans ombre : prenez vos bouteilles en bas.
Jour 3 : le nord-est, Kalami, Agni et Agios Stefanos
Notre zone préférée : des baies étroites, des oliviers jusqu’à l’eau, les montagnes albanaises en face. Kalami et la maison blanche des Durrell, Agni et ses tavernes les pieds dans l’eau, Agios Stefanos de Sinies. Le bon plan : plusieurs tavernes d’Agni viennent chercher leurs clients en bateau depuis Kalami, huit minutes et zéro parking à trouver.
Jour 4 : le mont Pantokrator et Old Perithia
La route du sommet est étroite, sans glissière, avec des croisements qui obligent à reculer de trente mètres. Le monastère en haut est modeste, la vue porte jusqu’à l’Albanie. Montez tôt, à partir de 11h la brume avale l’horizon. Arrêt en redescendant à Old Perithia, village de pierre partiellement restauré.
Jour 5 : Porto Timoni, Afionas et le Canal d’Amour
Porto Timoni est la plus belle chose qu’on ait vue à Corfou : deux plages dos à dos sur un isthme, avec toujours un côté abrité. Sentier depuis Afionas, une vingtaine de minutes à la descente et le double à la remontée, sans point d’eau. Chaussures fermées, deux litres d’eau, on évite 13h à 16h. Plus au nord, le Canal d’Amour de Sidari est joli vingt minutes et bondé le reste du temps. On y passe, on ne s’y installe pas.
Jour 6 : l’Achilleion, le lagon de Korission et le sud
L’Achilleion, à Gastouri, est le palais construit pour l’impératrice Élisabeth d’Autriche : 7 euros, 5 euros en réduit, ouvert de 8h à 20h du 1er avril au 31 octobre et de 8h à 16h le reste de l’année. À vérifier avant de faire la route, d’après le site officiel de l’Achilleion, le palais est en travaux et seuls les espaces extérieurs et les jardins impériaux sont ouverts.
Plus au sud, le lagon de Korission borde un long cordon dunaire, venteux et presque désert. Notre avis franc sur Kavos : sautez-le, sauf si vous venez faire la fête. Une rue de bars calibrée pour un public britannique de 18 à 25 ans, qui ne vaut pas la route.
Jour 7 : Paxos et Antipaxos, ou une incursion en Albanie
Les excursions vers Paxos et Antipaxos partent de Corfou, Benitses et Lefkimmi, avec arrêt aux grottes bleues. Autre option, Saranda en Albanie, à 30 minutes de traversée d’après Ionian Seaways, souvent couplée à Butrint. France Diplomatie n’exige aucun visa pour un séjour de moins de 90 jours, avec une carte d’identité ou un passeport valable 3 mois après la date de retour. Prenez le passeport : la prorogation des anciennes CNI n’est pas reconnue côté albanais.
Les plages de Corfou, classées par type
- Sable fin et fond doux : Glyfada, Agios Georgios Pagon, Issos, Halikounas, Sidari. Idéal avec des enfants.
- Galets et eau très claire : Paleokastritsa, Kalami, Agni, Nissaki, Barbati. Chaussons de bain conseillés.
- Accès à pied ou en bateau : Porto Timoni, Stelari, Rovinia, Limni. Aucun service sur place.
- Saturées en août : Glyfada, le Canal d’Amour, la crique de Paleokastritsa. Transats partis dès 9h.
L’ouest prend la houle dès que le vent tourne, le nord-est reste d’huile : on a changé de côte deux fois en sept jours.
Le pratique pour une semaine à Corfou : vols, ferry, voiture et bus
L’aéroport Ioannis Kapodistrias est à quelques minutes de la vieille ville. Le piège, c’est la saisonnalité : les vols directs depuis Paris sont concentrés du printemps à octobre, et hors saison il faut passer par Athènes. Le ferry depuis Igoumenitsa dure 1h10 à 1h30, jusqu’à 25 rotations par jour en haute saison, à partir d’environ 6 à 10 euros par passager, véhicule en supplément. Depuis l’Italie, les lignes Venise, Ancône, Bari et Brindisi font escale à Corfou, mais ce sont des nuits en mer.
- Voiture : quasi indispensable ici. Axes principaux corrects, secondaires du nord étroits, sans marquage ni glissière.
- Scooter : agréable au sud et près de la ville, risqué sur les montées du nord-est et du Pantokrator.
- Bus bleus : réseau urbain de Corfou-ville, fréquence élevée, tarif bas.
- Bus verts KTEL : interurbain vers Paleokastritsa, Sidari, Kassiopi, Kavos. Quelques départs par jour, presque rien le dimanche.
Où loger et quel budget pour une semaine à Corfou
- La vieille ville : meilleure base pour les deux premiers jours, tout à pied, stationnement cauchemardesque.
- Le nord-est, de Barbati à Kassiopi : le plus calme et le plus cher.
- L’ouest, Paleokastritsa et Agios Georgios : bon compromis plages et prix, mort en soirée hors saison.
- Le sud, Moraitika et Messonghi : familial et abordable, Kavos mis à part.
Côté budget, pas de chiffre magique : hébergement et voiture varient du simple au triple entre mai et août. Nos seuls repères fiables restent les tarifs officiels, 7 euros l’Achilleion, 10 euros la forteresse ancienne, 6 à 10 euros la traversée. Notre arbitrage : trois nuits en ville puis quatre au nord-est.
Quand partir, et ce qu’on couperait avec 4 jours
Corfou est l’île ionienne la plus arrosée, ce qui explique ses oliviers et ses ravins verts. Les pluies tombent d’octobre à mars, l’été reste sec. Mai et juin donnent une île verte et des routes vides, avec une mer encore fraîche. Septembre reste notre préféré : l’eau est à son maximum annuel et les tarifs redescendent après le 10. Juillet et août, c’est la chaleur lourde et les parkings pleins avant 10h.
Avec 4 jours, on garderait la vieille ville, le nord-est, Paleokastritsa avec Angelokastro et Porto Timoni. On sauterait Kavos, Sidari et le Canal d’Amour, et l’Achilleion ne resterait que si les jardins vous tentent plus que les salons fermés. Même logique que dans notre liste des choses à ne pas faire en Crète : trois zones bien vues valent mieux qu’une île survolée. Si vous hésitez entre plusieurs îles, notre guide sur que faire à Chypre suit une logique plus tournée vers les sites.
Questions fréquentes
Une semaine à Corfou suffit-elle pour faire le tour de l’île ?
Oui, à condition de découper par zone : sept jours couvrent la ville, l’ouest, le nord-est, le Pantokrator, le sud et une journée en mer.
Faut-il louer une voiture pour une semaine à Corfou ?
Oui : les bus verts relient les grandes stations mais pas les criques du nord-est ni le sentier d’Afionas.
Quel est le meilleur mois pour une semaine à Corfou ?
Septembre pour la mer et les prix, juin pour la lumière. Mai est superbe mais l’eau reste fraîche. Juillet et août passent si vous acceptez la foule.
Peut-on aller en Albanie depuis Corfou sur une journée ?
Oui. La traversée vers Saranda dure 30 minutes d’après Ionian Seaways, et France Diplomatie n’exige aucun visa pour moins de 90 jours, avec un document valable 3 mois après le retour. Prenez le passeport.
Corfou récompense ceux qui restent deux ou trois jours au même endroit plutôt que de cocher des lieux.

