On a longtemps repoussé le choix entre Majorque et Minorque, puis on a fait les deux dans le même voyage, ferry compris. Quarante kilomètres de mer séparent les deux îles, et on a quand même eu l’impression de changer de pays en descendant du bateau à Ciutadella. La question se pose de deux façons, alors on traite les deux : laquelle choisir si vous n’en faites qu’une, comment les enchaîner si vous avez dix jours.
En résumé
- Majorque : 3 640 km2 et environ 923 600 habitants. Minorque : environ 700 km2 et 93 000 habitants.
- Environ 40 km entre les deux, soit 1h15 de ferry rapide entre Alcúdia et Ciutadella avec Baleària.
- Le Camí de Cavalls (GR 223) fait le tour de Minorque sur 185 km en 20 étapes.
- Serra de Tramuntana classée UNESCO depuis 2011, Minorque réserve de biosphère depuis octobre 1993.
- Du 1er juin au 30 septembre, Macarella et Macarelleta sont interdites aux voitures, bus obligatoire.
Majorque et Minorque en bref : les chiffres qui changent tout
Sur une carte, les deux îles se ressemblent. Sur le terrain, l’écart est énorme.
- Majorque : 3 640 km2, environ 923 600 habitants, une vraie capitale avec Palma et ses quelque 428 000 habitants.
- Minorque : environ 700 km2, un peu plus de 93 000 habitants, deux villes principales, Ciutadella à l’ouest et Maó à l’est.
- Relief : le Puig Major culmine à 1 436 m à Majorque, le Monte Toro plafonne à 358 m à Minorque.
- Minorque aligne environ 200 km de côte et plus de 70 plages pour une population dix fois inférieure.
Ce rapport de un à dix explique le reste. Majorque vit toute l’année : bouchons à la sortie de Palma le vendredi soir, restaurants ouverts en février, vols en continu. Minorque ferme à moitié l’hiver : un novembre, le loueur de Maó n’avait plus qu’un comptoir sur trois.
Deux labels achèvent de les séparer. La Serra de Tramuntana est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2011, sur 30 745 hectares de terrasses en pierre sèche. Minorque est réserve de biosphère depuis octobre 1993 et a tenu bon sur l’interdiction de construire en hauteur : pas une tour de douze étages face à la mer. Ça saute aux yeux dès la route de l’aéroport.
Plages et calas : ce qui sépare vraiment Majorque et Minorque
Majorque a plus de plages, Minorque a de plus belles calas.
Côté Majorque
- Formentor : la route en lacets vaut le détour, mais l’accès en voiture est régulièrement régulé en haute saison. La règle bouge chaque année, vérifiez avant de partir.
- Es Trenc : sable clair sur des kilomètres, parking payant et marche jusqu’à l’eau. Arrivés à 11h un jour de juillet, on s’est garés au troisième rang.
- Cala Varques : pas de route, pas de buvette, pas de transat. On y va à pied, et c’est pour ça qu’elle reste supportable.
Côté Minorque
- Macarella et Macarelleta : interdites aux voitures et aux motos du 1er juin au 30 septembre. Bus depuis Ciutadella, ou arrivée à pied par le Camí de Cavalls depuis Cala Galdana.
- Cala Mitjana : sentier en sous-bois depuis Cala Galdana, parking en amont. La marche filtre déjà une partie du monde.
- Cala Pregonda, au nord : sable ocre, rochers sombres, aucun service. On laisse la voiture à Binimel·là et on finit à pied, avec de l’eau.
La règle qu’on retient : à Minorque, les plus belles calas se méritent par une marche ou une navette. À Majorque, on trouve plus facilement une plage accessible en poussette, mais on partage.
Randonnée, villes et nuits : comparer Majorque et Minorque sur le terrain
Minorque a le Camí de Cavalls, GR 223 : 185 km, 20 étapes de 5 à 13 km, un tour complet de l’île par la côte. Créé au XIVe siècle pour surveiller le littoral, rouvert en 2010. Plat ou presque, balisé, une étape se fait dans la journée sans matériel.
Majorque a le GR 221, la Ruta de Pedra en Sec, qui traverse la Serra de Tramuntana avec un réseau de refuges du Consell de Mallorca. Autre affaire : dénivelé, caillasse, chaleur. Sa longueur officielle varie selon les sources parce que des tronçons ne sont pas ouverts : on ne donnera donc pas de kilométrage total ici, fiez-vous au Consell de Mallorca au moment de réserver les refuges.
Côté villes, Palma joue dans une autre catégorie : cathédrale au bord de l’eau, centre ancien qui tient deux jours, musées, marchés, plus Valldemossa où Chopin a passé un hiver et Deià accroché à sa pente. À Minorque, il y a Ciutadella et son port en contrebas, et Maó et l’un des meilleurs ports naturels de Méditerranée. Plus petit, on en fait le tour plus vite.
La vie nocturne, c’est Majorque : Palma, sa baie, les stations du sud-ouest qui assument le clubbing. À Minorque, le soir se passe sur un quai à Ciutadella avec un gin local, et tout se calme vers minuit. L’île reçoit près de 1,4 million de visiteurs par an selon l’UNESCO, mais avec peu de routes et peu de parkings : la saturation s’y lit dans les files devant les calas plutôt que sur le sable. Et on y a payé plus cher qu’à Majorque en août, à confort égal, faute d’offre. Même arbitrage que celui qu’on avait fait entre Olbia et Cagliari.
Combiner Majorque et Minorque en un seul séjour : ferry, avion, itinéraire
- Le ferry le plus pratique relie Alcúdia à Ciutadella en environ 1h15 avec Baleària, sur un navire rapide. Tarif affiché à partir de 30 euros par passager en aller simple, relevé en septembre 2026, à revérifier pour vos dates.
- L’été, la compagnie ajoute des rotations matin et après-midi, avec des doubles rotations le week-end. Hors saison, le rythme se réduit nettement.
- Trasmed relie surtout Barcelone et Valence à Palma et Maó : utile pour arriver du continent, pas pour sauter d’une île à l’autre.
- Le vol Palma vers Maó existe et reste très court, mais entre la voiture à rendre puis à reprendre et les délais d’aéroport, le gain fond. On a préféré le bateau.
Notre itinéraire sur 12 jours : 2 nuits à Palma, 3 nuits côté Sóller ou Deià, 1 nuit à Alcúdia avant le ferry du matin, puis 3 nuits à Ciutadella et 3 nuits à Maó. Sur 14 jours, une nuit de plus de chaque côté. Avis tranché : en dessous de dix jours, faites une seule île, parce que deux traversées et deux locations de voiture mangent deux journées pleines.
Le pratique : vols, voiture, calas fermées et meilleure période
- Vols : Palma (PMI) est desservi toute l’année depuis Paris et les grandes villes françaises. Maó (MAH) est le vrai piège : beaucoup de lignes directes ne fonctionnent qu’en saison et disparaissent d’octobre à avril. Vérifiez avant de bloquer un hébergement.
- Voiture : quasi indispensable à Minorque, où les plages du nord n’ont aucune ligne régulière. Le réseau TMSA dessert Cala Galdana par les lignes L51 depuis Maó, L52 depuis Ciutadella et L53 depuis Ferreries. À Majorque, on survit sans voiture sur Palma et le train de Sóller.
- Accès réglementés à Minorque du 1er juin au 30 septembre : Macarella, Macarelleta, Cala Tortuga, Cala Presili, S’Escala et Es Portitxol, le Savinar de Mongofra et le phare de Favàritx sont interdits aux voitures et aux motos. Punta Nati l’est du 1er juillet au 31 août. Vélos et piétons passent toujours, des bus font le relais depuis Ciutadella et Maó.
- Meilleure période : mai, juin et septembre. L’eau est déjà bonne en juin, les calas restent accessibles en voiture jusqu’au 31 mai, et les prix n’ont pas décollé.
- Août : chaleur sèche, ombre rare sur les calas du nord, eau sous tension à Minorque. Une grande bouteille par personne, aucun point d’eau sur les sentiers.
Le réflexe qui marche des deux côtés : viser les parkings avant 9h30 en juillet et août, ou après 16h. Entre les deux, on tourne, comme sur les criques des plages d’Empuriabrava.
Majorque et Minorque : notre verdict par profil
- Première fois aux Baléares : Majorque, pour la variété et les vols toute l’année.
- Randonnée sportive : Majorque et la Serra de Tramuntana, pour le dénivelé et les refuges.
- Randonnée accessible et côtière : Minorque et le Camí de Cavalls, par étapes.
- Plages sauvages : Minorque, à condition d’accepter la marche et la navette.
- Famille avec jeunes enfants : Minorque, pour les calas abritées du sud et les courtes distances.
- Budget serré : Majorque, plus de choix donc plus de concurrence.
- Une semaine : une seule île. Deux semaines : les deux, avec le ferry d’Alcúdia.
Questions fréquentes
Combien de temps dure le ferry entre Majorque et Minorque ?
Environ 1h15 sur la liaison rapide Alcúdia vers Ciutadella, avec Baleària. Les traversées au départ de Palma ou vers Maó sont plus longues.
Peut-on visiter Majorque et Minorque en une semaine ?
Oui, mais on le déconseille : transferts et changements d’hébergement coûtent près de deux journées. En dessous de dix jours, une seule île.
Faut-il louer une voiture à Minorque ?
Oui dans la plupart des cas. Les bus TMSA relient les villes et quelques stations comme Cala Galdana, mais le nord reste hors réseau.
Quelles calas de Minorque sont interdites aux voitures en été ?
Du 1er juin au 30 septembre : Macarella, Macarelleta, Cala Tortuga, Cala Presili, S’Escala et Es Portitxol, le Savinar de Mongofra et le phare de Favàritx. Punta Nati ferme du 1er juillet au 31 août.
Quelle île est la moins chère entre Majorque et Minorque ?
Majorque en général, parce que l’offre d’hébergement y est plus large. L’écart se creuse en juillet et en août, quand Minorque sature.
Notre position après les deux : Majorque pour la variété et la montagne, Minorque pour la côte et le calme. Le luxe, c’est d’avoir douze jours et de prendre le ferry du matin à Alcúdia.

