On a passé une soirée entière avec deux onglets ouverts, un vol pour Olbia, un vol pour Cagliari, à peu près le même prix et le même horaire. La question Olbia ou Cagliari n’est pas un détail de réservation : elle décide de la moitié du séjour, parce que 270 kilomètres séparent les deux aéroports et que la Sardaigne est bien plus grande que ce que la carte laisse croire.
En résumé
- Environ 270 km et 3 heures de route séparent les deux aéroports, il faut choisir un camp.
- Olbia ouvre sur la Costa Smeralda, La Maddalena et Santa Teresa Gallura.
- Cagliari donne accès à Villasimius, Chia, le Sulcis et Su Nuraxi, inscrit à l’UNESCO en 1997.
- Cagliari est desservie toute l’année, le réseau d’Olbia se vide largement hors saison.
- Voiture de location indispensable des deux côtés, le train ne dessert pas les plages.
Olbia ou Cagliari : regardez la carte avant les prix
La Sardaigne fait environ 24 000 km², l’ordre de grandeur de la Belgique. Sur un écran, l’île tient dans la paume de la main. Sur la route, elle se défend. Olbia est plantée au nord-est, Cagliari tout en bas, au sud. Entre les deux, la SS131 traverse l’intérieur sur des voies rapides gratuites, sans péage mais sans longues sections à 130 non plus.
Nous avons fait ce trajet dans les deux sens. Comptez 3 heures pleines, plus un samedi d’août quand tout le monde change de location. Un aller-retour Olbia-Cagliari mange donc six heures de vos vacances. Sur dix jours, à la rigueur, en dormant une nuit du côté d’Oristano. Sur sept jours, non.
Depuis Olbia : Gallura, Costa Smeralda et La Maddalena
Olbia, la ville, n’a pas grand-chose pour elle : un port, un aéroport, un corso piétonnier honnête et une basilique romane. On y dort une nuit d’arrivée tardive, pas trois. Tout l’intérêt est autour, et il est réel.
- La Costa Smeralda et Porto Cervo, à une quarantaine de minutes. Décor magnifique, criques vraies, prix de port de yachts. Un café en terrasse y coûte le prix d’un repas ailleurs sur l’île, et la plupart des parkings de plage sont payants en saison.
- L’archipel de La Maddalena, en ferry depuis Palau, traversée courte et rotations fréquentes en été. On y loue un semi-rigide ou un scooter, et Caprera se rejoint par le pont.
- Palau et Capo d’Orso, le rocher érodé en forme d’ours, au bout d’un sentier court et caillouteux. Chaussures fermées, il n’y a pas d’ombre.
- Santa Teresa Gallura et les Bouches de Bonifacio : par temps clair, les falaises de la Corse se voient à l’oeil nu, à une douzaine de kilomètres.
- San Teodoro et la plage de la Cinta, une langue de sable entre mer et étang, à une demi-heure. Très familiale, très fréquentée.
- Golfo Aranci, port de ferries et plages faciles d’accès.
- Plus loin, Alghero et le Capo Caccia à environ 2 heures, et Castelsardo en chemin.
Depuis Cagliari : le sud, le Sulcis et les nuraghes
Cagliari est une vraie ville, habitée toute l’année. Le quartier du Castello, perché derrière ses remparts, se monte à pied ou par ascenseur public, et le marché couvert de San Benedetto reste l’un des plus impressionnants qu’on ait vus en Italie, avec un étage entier consacré au poisson. Restaurants comme hébergements, les prix sont nettement plus doux qu’en Gallura.
- Villasimius et le Capo Carbonara, une heure à l’est, aire marine protégée et eaux très claires, puis la Costa Rei plus loin sur la même côte.
- Chia et Tuerredda, au sud-ouest, dunes et genévriers. Parking payant et saturé tôt en été.
- Pula et le site de Nora, cité punique puis romaine sur une presqu’île, thermes et mosaïques au bord de l’eau.
- La côte du Sulcis et l’île de Sant’Antioco, reliée par une digue routière, donc accessible sans ferry.
- La Giara di Gesturi, plateau basaltique où vivent des petits chevaux sauvages.
- Barumini et le nuraghe Su Nuraxi, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1997. La tour centrale culmine à environ 18,5 mètres, l’ensemble date de la fin du deuxième millénaire avant notre ère et a été occupé jusqu’au IIIe siècle. Visite guidée obligatoire, en italien, anglais ou français.
- Plus loin, la péninsule du Sinis et Tharros, et la Costa Verde avec les dunes de Piscinas.
Les tarifs et horaires de Su Nuraxi ne figurent pas sur la page de présentation de la fondation qui gère le site, on ne les invente pas : vérifiez sur fondazionebarumini.it.
Olbia ou Cagliari : notre verdict par profil
On tranche, la réponse molle ne sert à personne. Pour un premier séjour d’une semaine, nous prenons Cagliari : une ville qui vit, des plages superbes à moins d’une heure, les nuraghes et des vols toute l’année. Olbia se justifie sur un projet précis, pas par défaut.
- Premier voyage : Cagliari. Ville, plages et archéologie sans jamais dépasser 1h30 de route.
- Avec des enfants : Olbia si vous visez San Teodoro ou Golfo Aranci, sable en pente douce et locations familiales. Cagliari sinon, plus simple les jours de vent.
- Budget serré : Cagliari, sans hésitation. En Gallura, la même chambre coûte facilement le double en août.
- Plages de carte postale : Olbia. La Maddalena et la Costa Smeralda restent au-dessus, même si le sud n’a pas à rougir. Pour un registre proche côté catalan, voir notre repérage des plages d’Empuriabrava.
- Culture et sites nuragiques : Cagliari. Barumini, Nora, le musée archéologique national, tout est au sud.
- Vie urbaine et restaurants : Cagliari, ce n’est même pas un débat. Olbia se traverse en une soirée.
- Randonnée : Cagliari pour le Sulcis, la Giara et les canyons de l’est. Olbia pour les sentiers courts du littoral gallurien.
- Hors saison : Cagliari. En novembre, l’offre aérienne d’Olbia se réduit fortement et beaucoup d’hôtels de Gallura ferment.
- Combiner avec la Corse : Olbia, point de passage naturel vers Bonifacio.
Olbia ou Cagliari : vols depuis Paris, ferries et voiture
L’aéroport d’Olbia Costa Smeralda annonce 86 destinations, dont sept villes françaises : Paris, Nice, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux et Nantes, avec Air France, easyJet, Ryanair, Transavia et Volotea selon les lignes. Le détail est sur le site officiel de l’aéroport. Ce réseau est très saisonnier : il gonfle entre mai et octobre et se dégarnit l’hiver. Nous n’avons pas trouvé de calendrier officiel donnant ligne par ligne les dates d’ouverture, donc vérifiez votre période avant de réserver un hébergement.
Cagliari Elmas est moins fournie en volume mais bien plus stable dans l’année. Depuis la France : Paris Charles-de-Gaulle avec Air France, Paris Beauvais avec Ryanair, Paris Orly avec easyJet et Transavia, plus Nice, Bordeaux et Marseille, selon l’aéroport de Cagliari. C’est le seul des trois aéroports sardes sur lequel on peut compter en janvier.
Le troisième, c’est Alghero Riviera del Corallo, au nord-ouest. Petit, surtout low cost, mais imbattable si votre séjour tourne autour d’Alghero, du Capo Caccia, de Bosa et de Stintino. À environ 2 heures d’Olbia et 2h30 de Cagliari : il n’en remplace aucun, il en ajoute un.
En ferry, les liaisons partent de Livourne, Civitavecchia, Gênes, Marseille et, en saison, Porto Vecchio en Corse. Les ports d’arrivée diffèrent : Olbia et Golfo Aranci au nord-est, Porto Torres au nord-ouest, Cagliari et Arbatax pour le sud et l’est. La plus courte reste Bonifacio vers Santa Teresa Gallura, moins d’une heure de mer. Nous n’avons pas pu confirmer les horaires de la saison en cours sur les sites des compagnies, donc pas de tableau chiffré ici : réservez chez l’armateur, très tôt si vous embarquez une voiture en août.
Dernière chose, non négociable : la voiture de location. Les bus relient les villes, le train aussi, mais rien de tout ça ne vous dépose à Tuerredda ou à Capo d’Orso.
Olbia ou Cagliari : les distances réelles en heures de route
Ordres de grandeur relevés sur nos trajets, hors bouchons d’août.
- Olbia vers San Teodoro : une trentaine de kilomètres, environ 30 minutes.
- Olbia vers Porto Cervo : une trentaine de kilomètres, 40 à 50 minutes selon le trafic.
- Olbia vers Palau, embarcadère de La Maddalena : autour de 40 km, 45 minutes.
- Olbia vers Santa Teresa Gallura : autour de 60 km, une heure.
- Olbia vers Alghero : environ 135 km, 2 heures.
- Cagliari vers Villasimius : une cinquantaine de kilomètres mais une heure, la route est sinueuse.
- Cagliari vers Chia : autour de 60 km, une heure.
- Cagliari vers Barumini : autour de 60 km, une heure par l’intérieur.
- Cagliari vers Tharros et le Sinis : comptez 1h45.
- Olbia vers Cagliari : environ 270 km, 3 heures.
Questions fréquentes
Peut-on faire Olbia et Cagliari en une semaine ?
Techniquement oui, agréablement non. Vous perdrez six heures en transfert aller-retour et deux demi-journées de logistique. Sur sept jours, choisissez un aéroport et restez dans son rayon d’une heure trente.
Quel aéroport est le moins cher depuis Paris ?
Ça dépend de la saison. En été, les deux sont bien desservis et la concurrence tire les prix. Hors saison, Cagliari gagne, puisque les lignes vers Olbia se raréfient.
Peut-on arriver à Olbia et repartir de Cagliari ?
Oui, et c’est la bonne solution pour traverser l’île sans revenir sur vos pas. Vérifiez le supplément d’abandon du véhicule dans une autre agence, il peut être élevé.
Olbia ou Cagliari pour rejoindre la Corse ?
Olbia, sans discussion. Santa Teresa Gallura est à environ une heure de route, et Bonifacio se trouve de l’autre côté d’un bras de mer d’une douzaine de kilomètres.
Quelle est la meilleure période pour éviter la foule ?
Fin mai, juin et surtout septembre. L’eau reste bonne, les parkings de plage se libèrent et les tarifs redescendent d’un cran, en particulier en Gallura.
Ce qu’on ferait à votre place
Si vous partez une semaine, prenez Cagliari et acceptez de ne pas voir la Costa Smeralda cette fois. Gardez Olbia pour un séjour tourné vers les îles, La Maddalena et un saut en Corse. Le vrai piège, ce n’est pas de choisir le mauvais aéroport, c’est de vouloir les deux.

