Il est 7h40 sur le parking de Chiroulet, la brume monte encore de la vallée de Lesponne et deux voitures se garent déjà en épi sur le bas-côté. C’est ça, la randonnée à Bagnères-de-Bigorre en été : des sentiers magnifiques, et des départs qu’il vaut mieux prendre tôt. On a passé une semaine à écumer le secteur, du tour de lac tranquille aux journées à plus de 1 000 mètres de montée.
En résumé
- Bagnères-de-Bigorre donne accès au lac de Payolle, à la vallée de Lesponne et au Tourmalet.
- Faciles en famille : tour du lac de Payolle, le Bédat, la vallée de Salut, le bois de Lesponne.
- Le lac Bleu depuis Chiroulet reste la grande classique, longue et raide, à la journée.
- Aquensis après la marche : 15 euros l’heure, 20 euros les deux heures.
- Départ avant 8h en juillet et août, les orages arrivent souvent en début d’après-midi.
Randonnée à Bagnères-de-Bigorre : les faciles, à faire en famille
La ville est posée à un peu moins de 600 mètres d’altitude, au débouché de la vallée de Campan. On peut donc partir à pied depuis le centre, ce qui est rare pour une base de montagne.
- Le Bédat et la promenade des Vignaux. Départ à pied depuis la ville, sentier ombragé qui grimpe jusqu’au belvédère et à la table d’orientation, la chaîne en face. Comptez une bonne heure de montée. Pas d’eau sur le parcours.
- Le parc thermal de Salut et la vallée de Salut. Parc arboré, allées larges, ruisseau, poussette possible sur la première partie, puis le chemin file dans la vallée et se resserre. Notre sortie de fin de journée quand il fait 32 degrés en ville : il y fait plusieurs degrés de moins.
- Le tour du lac de Payolle. À une vingtaine de minutes de voiture par la route du Tourmalet, vers 1 100 mètres d’altitude. Le tour du plan d’eau est plat, faisable en une heure environ avec des enfants qui traînent. Sapins, pontons, vaches. Le samedi de juillet, le parking principal est saturé avant 11h.
- Le bois de Lesponne. En remontant vers Chiroulet, plusieurs boucles forestières partent des hameaux. Peu de dénivelé, beaucoup d’ombre, le torrent jamais loin.
Sur ces quatre sorties, le balisage est celui du réseau local de petite randonnée, en jaune, avec des panneaux aux carrefours. Praticables une grande partie de l’année, hors neige.
Randonnée à Bagnères-de-Bigorre : le cran au-dessus
Là, le secteur devient sérieux : journées complètes, vrais dénivelés, ambiances de haute montagne.
- Le lac Bleu depuis Chiroulet. La classique du coin, et de loin la plus fréquentée. Départ du hameau de Chiroulet, vers 900 mètres, arrivée au lac aux alentours de 1 940 mètres : plus de 1 000 mètres de montée sur un sentier qui ne mollit jamais, avec une longue portion en lacets serrés. Comptez la journée. Cirque sombre et austère par temps couvert, superbe au soleil. Le torrent accompagne la partie basse, mais filtrez.
- Le Pic du Montaigu. Sommet pyramidal reconnaissable au-dessus de la vallée, autour de 2 340 mètres. Deux approches : depuis Chiroulet, plus longue et plus raide, ou par le col de la Croix Blanche, qui raccourcit nettement la journée. La vue sur le Pic du Midi et le Néouvielle vaut l’effort.
- Le Casque du Lhéris. Balcon calcaire juste au-dessus de Bagnères, autour de 1 600 mètres. Moins couru, aérien sur la fin, lapiaz et souvent des isards au petit matin. Aucune eau une fois sorti de la forêt.
- Le Signal de Bassia. Sur la crête entre vallée de Campan et vallée d’Aure, autour de 1 900 mètres. Longues pentes d’herbe, troupeaux, panorama à 360 degrés. Un bon test avant le lac Bleu.
Les randonnées engagées autour de Bagnères-de-Bigorre
- Le Pic du Montaigu par l’arête. La variante qui suit le fil rocheux au lieu du sentier de pente. Passages de désescalade facile, exposition réelle, à éviter par vent fort ou rocher mouillé.
- Le Pic du Midi de Bigorre à pied depuis le col du Tourmalet. Le col est à 2 115 mètres, le sommet à 2 877 mètres, ce qui met la montée autour de 760 mètres sur une piste puis un sentier. Physique mais techniquement simple, à la journée. L’alternative est le téléphérique depuis La Mongie : on n’a pas pu vérifier son tarif en ligne au moment d’écrire, donc on ne le donne pas, il est à consulter sur picdumidi.com et il varie selon la saison et les formules.
- Le massif du Néouvielle. Une heure de route par Sainte-Marie-de-Campan et la vallée d’Aure. Lacs d’Aumar et d’Aubert, pins à crochets, réserve naturelle et accès routier régulé en été. À réserver à une journée entière.
Honnêtement, sur les chiffres : les fiches officielles de l’office de tourisme n’étaient pas accessibles quand on a préparé cet article. Les altitudes et dénivelés cités sont nos ordres de grandeur relevés sur le terrain. Prenez le topoguide papier à l’office de tourisme, il donne les kilométrages exacts et les temps de marche validés.
Météo, orages et saison : préparer sa randonnée à Bagnères-de-Bigorre
C’est le point qu’on sous-estime le plus dans les Pyrénées centrales. Le bulletin montagne de Météo-France est publié quotidiennement pour les Pyrénées, sur meteofrance.com. On le regardait la veille au soir puis le matin même, parce qu’il change.
- Les orages d’été. En juillet et août, le schéma est toujours le même : ciel dégagé le matin, cumulus vers midi, orage entre 14h et 17h. Sur une arête, c’est non négociable. On partait à 7h pour être redescendus des parties exposées à 14h.
- La saison. Les sorties basses se font quasiment toute l’année. Au-dessus de 1 800 mètres, la neige tient souvent jusqu’en juin, et les combes nord gardent des névés plus tard. Le lac Bleu en mai n’est pas la même course qu’en août.
- L’équipement. Chaussures montantes à semelle crantée, coupe-vent et polaire même en plein été, 1,5 à 2 litres d’eau par personne, crème solaire, frontale. Le réseau mobile est très inégal dans les vallées.
Parkings, patous et bivouac : le pratique
- Chiroulet. Parking petit, route d’accès étroite. En juillet et août il est plein tôt, et le stationnement sauvage gêne riverains et secours. Arriver avant 8h change tout, ou décaler hors week-end.
- Payolle. Plusieurs zones de stationnement le long de la route, saturées les jours de beau temps. Le vrai créneau : avant 10h ou après 17h.
- Les patous. Les chiens de protection sont présents sur les estives du secteur. On s’arrête, on ne crie pas, on ne court pas, on ne tend pas la main, on contourne le troupeau au large, on tient son chien en laisse. Le patou évalue puis se désintéresse si vous restez calme.
- Le bivouac. La règle générale reste le bivouac toléré, tente montée en fin de journée et démontée au petit matin, hors zones interdites. Réserves naturelles et Parc national des Pyrénées sont plus stricts. Renseignez-vous vallée par vallée.
- Les refuges. Cabanes et refuges gardés jalonnent les hautes vallées. Réservez, surtout en août, et prévoyez du liquide : la carte ne passe pas partout.
Si vous prolongez côté ouest, on avait raconté nos courses de l’autre bout de la chaîne dans notre article sur ce qu’on ramène de Dancharia, au Pays basque.
Après la randonnée : thermes, Aquensis et marché
- Aquensis. Le centre de bien-être thermal en plein centre-ville, dans un bâtiment de bois et de pierre autour d’un grand bassin. Tarifs affichés : 15 euros l’Aqua Express d’une heure, 20 euros l’Aqua Pass de deux heures, 28,50 euros la formule trois heures, 17 euros le tarif étudiant ou senior sur deux heures, 6 euros la demi-heure supplémentaire. Il existe aussi une formule matinale en semaine à 17,50 euros et des pass famille à partir de 28 euros, détail sur aquensis.fr.
- Les Grands Thermes. L’établissement historique, orienté cures et soins thermaux plutôt que détente à l’heure. Les tarifs de soins ne sont pas affichés comme ceux d’un espace bien-être : passez par leur accueil.
- Le marché. Le samedi matin, les halles débordent de fromages de Campan, de gâteau à la broche et de charcuterie de pays. Parfait pour composer les casse-croûtes de la semaine.
Et si vous regardez les parapentes tourner au-dessus de la vallée en redescendant du Bédat, on avait écrit sur apprendre le parapente après la même envie.
Questions fréquentes
Quelle randonnée faire à Bagnères-de-Bigorre avec des enfants ?
Le tour du lac de Payolle, plat et court, ou la vallée de Salut depuis le parc thermal. Les deux se font en une à deux heures et ne demandent pas de matériel particulier.
Combien de temps faut-il pour monter au lac Bleu depuis Chiroulet ?
C’est une sortie à la journée, avec plus de 1 000 mètres de dénivelé positif. Partez tôt et gardez de la marge pour la descente, longue et cassante pour les genoux.
Peut-on monter au Pic du Midi à pied depuis Bagnères-de-Bigorre ?
Pas raisonnablement depuis la ville. L’itinéraire courant part du col du Tourmalet, à 2 115 mètres, pour un sommet à 2 877 mètres. Sinon, le téléphérique depuis La Mongie fait le travail.
Quand la neige disparaît-elle sur les sentiers d’altitude ?
Au-dessus de 1 800 mètres, elle tient souvent jusqu’en juin, et plus longtemps dans les combes exposées au nord. En dessous, la saison est bien plus longue.
Que faire face à un patou en randonnée ?
S’arrêter, rester calme, ne pas crier ni courir, contourner le troupeau au large et tenir son chien en laisse. Si le chien reste agressif, on fait demi-tour.
Où trouver les distances et dénivelés officiels des sentiers ?
À l’office de tourisme de Bagnères-de-Bigorre, qui édite les fiches de randonnée du secteur avec les temps de marche et le balisage à jour.
Ce qu’on en retient
Bagnères coche une case rare : marcher deux heures depuis le centre le premier jour, enchaîner sur une grosse journée au lac Bleu, finir dans un bassin d’eau chaude le soir. Si vous n’avez qu’une semaine, montez au Montaigu par la Croix Blanche, gardez le lac Bleu pour un matin de grand beau, et laissez le Pic du Midi pour un jour de fatigue.

